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Sol en terre battue dans une cave : faut-il le bétonner ?

Sol en terre battue dans une cave : faut-il le bétonner ? Ce que la terre évacue, pourquoi une dalle étanche envoie l'humidité au mur, les alternatives.

Carré de film plastique collé au ruban adhésif sur le sol en terre battue d'une cave, buée visible sous le film
Un carré de film collé hermétiquement au sol révèle en quelques heures si la terre battue évapore, et à quelle intensité.

Dans une cave ancienne au sol de terre battue, la réponse est presque toujours non : couler une dalle étanche ne supprime pas l'eau, elle la déplace. Le sol en terre est une surface d'évaporation. Toute la vapeur qui monte du terrain traverse cette terre, s'évapore à l'air libre et repart par les soupiraux. Fermez cette surface avec un béton et un film, et le même flux continue d'arriver par-dessous : il cherche alors la sortie la moins résistante, c'est-à-dire le pied des murs. Le front d'humidité monte, le salpêtre apparaît plus haut, les enduits se décollent à hauteur de genou puis de hanche.

Cela ne veut pas dire qu'on ne touche jamais à une terre battue. Cela veut dire qu'on ne la ferme pas sans avoir d'abord organisé une autre sortie pour la vapeur. Entre « laisser la terre nue » et « couler une dalle étanche », il existe toute une gamme de solutions intermédiaires : la simple mise au propre, le hérisson ventilé, la chape de chaux, le dallage posé à sec. Et il existe des cas réels où bétonner se justifie. Le tri se fait sur une observation, pas sur un réflexe. Cet article explique ce que la terre battue évacue réellement, comment estimer cette évaporation avant de décider, quelles options existent, et ce que doit contenir le travail si vous bétonnez malgré tout.

Ce que fait réellement un sol en terre battue

Une cave n'a pas de plancher bas au sens moderne. Elle a un fond de fouille, tassé par des décennies de passage, parfois recouvert d'un lit de sable, de mâchefer, de gravats ou de tomettes posées à sec. Sous ce fond, le terrain naturel contient de l'eau : eau de nappe si elle est haute, eau d'infiltration venue de la surface, eau retenue par les argiles. Cette eau ne stagne pas, elle migre vers le haut, en phase liquide dans les capillaires puis en phase vapeur près de la surface. Elle s'évapore au contact de l'air de la cave.

Ce mécanisme fonctionne parce que l'air de la cave, même humide, reste presque toujours plus sec en valeur absolue que le sol saturé qui l'alimente. Tant qu'un renouvellement d'air, même faible, emporte cette vapeur, l'équilibre tient. La terre battue reste fraîche, un peu humide au toucher en profondeur, mais sans flaque et sans odeur de moisissure agressive.

Le point que les propriétaires sous-estiment est la surface. Dans une cave de plan courant, le sol représente une surface d'échange bien plus grande que la seule base des murs. C'est par lui que passe l'essentiel du débit de vapeur. Le mur, lui, n'en évacue qu'une part. Tant que le sol est ouvert, il joue le rôle d'une soupape : il prend la charge, et les murs restent relativement épargnés.

Terre battue, terre rapportée, ou remblai douteux

Avant tout raisonnement, regardez ce qu'est réellement ce sol. Grattez sur une dizaine de centimètres en trois points éloignés, et notez ce qui sort.

  • Une terre naturelle compacte, homogène, de la couleur du terrain local : c'est le cas le plus favorable. Elle respire et ne stocke pas de sels particuliers.
  • Un remblai de gravats — briques cassées, mortier, ardoises, ferraille — souvent apporté au fil des siècles pour rattraper un niveau. Il respire aussi, mais il est instable et se creuse sous les pieds de meubles.
  • Du mâchefer ou des cendres, fréquents dans les caves de maisons chauffées au charbon. Ce matériau est chargé en sels, dont des sulfates et des nitrates. Il alimente directement les efflorescences des murs voisins.
  • De la terre saturée de matière organique : ancienne écurie, ancien poulailler, cave à légumes. Là, l'azote du sol nourrit un salpêtre particulièrement actif, et le sujet est traité en détail dans notre article sur le salpêtre plus vif des anciennes écuries et caves.

Un sol de la troisième ou quatrième catégorie ne se conserve pas tel quel : il se purge et se remplace par un matériau propre et minéral. Mais le remplacer par un matériau propre n'est pas la même chose que le fermer.

La sensation de froid n'est pas de l'humidité

Une terre battue est toujours plus froide que l'air. Elle est en contact direct avec le terrain, qui reste à une température stable et basse toute l'année. Une main posée dessus juge froid et croit humide. Ce n'est pas le même phénomène. En été, cette fraîcheur produit de la condensation : l'air extérieur chaud et chargé entre par les soupiraux, touche le sol et les murs froids, et dépose son eau. Beaucoup de caves jugées « très humides » en juillet ne le sont que parce qu'on les aère au mauvais moment. C'est un point à trancher avant tout travaux, et la question de l'aération d'été mérite d'être réglée en premier, parce qu'elle ne coûte rien.

Ce qui se passe quand on coule une dalle étanche

Le scénario est régulier au point d'être prévisible. Une cave à sol de terre est jugée sale et humide. On décaisse un peu, on tire un film polyéthylène, on coule une dalle de béton, parfois avec un adjuvant hydrofuge. Le sol devient propre, sec, balayable. Pendant six mois à un an, tout le monde est satisfait.

Puis les murs changent. Une bande sombre apparaît au ras de la dalle, s'élargit, monte. Le salpêtre, qui se limitait à une frange basse, colonise plus haut. L'enduit se pulvérise. Si la cave est sous une pièce habitée, l'humidité gagne parfois la plinthe du rez-de-chaussée. On appelle alors un traitement de remontées capillaires — pour un désordre qu'on vient soi-même de fabriquer.

Le mécanisme est simple. Le flux de vapeur venant du terrain n'a pas diminué : il dépend du sol, pas de ce qu'on pose dessus. En bloquant la sortie verticale sur toute la surface de la cave, on force ce flux à contourner l'obstacle. Il migre latéralement sous la dalle vers la périphérie, remonte dans les fondations et dans la maçonnerie, et ressort par la seule surface ouverte restante : le mur. Un mur qui recevait une fraction du débit reçoit désormais la quasi-totalité. Le front d'humidité monte jusqu'à trouver la hauteur où l'évaporation du parement compense l'apport.

Une dalle étanche ne tarit pas une source. Elle change la géographie de la sortie. Là où la vapeur sortait à plat, elle sort désormais en hauteur, sur un matériau qui, lui, se dégrade.

Le même enchaînement est raconté pas à pas, sur un cas de longère, dans la dalle coulée et l'eau partie au mur. Et il ne s'agit pas d'un défaut d'exécution : plus la dalle est étanche et bien faite, plus le report vers les murs est net.

Les aggravations qui viennent en second

Le report vers les murs est l'effet principal. Trois autres suivent souvent.

D'abord, la dalle elle-même reste humide. Le béton coulé sur un terrain mouillé, sans lame d'air ventilée en dessous, reste alimenté par capillarité au travers du moindre défaut de film : recouvrement non collé, perforation par une pierre, relevé absent en périphérie. On obtient un sol qui « transpire » par plaques et qui refuse tout revêtement collé.

Ensuite, la condensation d'été s'aggrave. Le béton lisse est plus froid en surface, moins absorbant qu'une terre, et il n'a aucune capacité tampon. La rosée qui se déposait discrètement dans la terre forme désormais un film glissant sur la dalle.

Enfin, si l'on a « profité des travaux » pour enduire les murs au ciment ou poser un enduit hydrofuge en soubassement, la cave n'a plus aucune sortie du tout. C'est la combinaison la plus destructrice, et elle est décrite pour elle-même dans pourquoi un enduit étanche en soubassement aggrave toujours la situation.

Estimer l'évaporation par le sol avant de décider

Toute la décision tient sur une question mesurable : ce sol évapore-t-il beaucoup, un peu, ou pas du tout ? On peut le savoir sans matériel de laboratoire, avant d'appeler qui que ce soit.

Le test du film collé

Prenez un morceau de plastique transparent, bâche ou sac ouvert, d'environ un demi-mètre de côté. Posez-le à plat sur le sol et collez les quatre bords au ruban adhésif large, de façon parfaitement continue. L'objectif est d'isoler un carré de sol de l'air de la cave. Répétez l'opération en trois ou quatre points : au milieu, près d'un mur enterré, près d'un mur donnant sur l'extérieur, et dans le coin le plus suspect.

Puis attendez, et relevez à intervalles réguliers : au bout de quelques heures, le lendemain, puis à quarante-huit et soixante-douze heures.

  • De la buée apparaît sous le film en quelques heures, avec des gouttes qui coulent : l'évaporation par le sol est forte. Fermer ce sol reportera un débit important sur les murs.
  • Le film se voile lentement, sans ruissellement, en un ou deux jours : évaporation modérée. C'est le cas le plus courant, et celui où les solutions intermédiaires donnent le meilleur résultat.
  • Le film reste sec dessous après trois jours : le sol n'alimente pratiquement rien. Le problème vient d'ailleurs — ruissellement, condensation, fuite.
  • Le film est sec dessous mais mouillé dessus : ce n'est pas le sol, c'est l'air de la cave qui condense sur une surface froide. Diagnostic radicalement différent, et le test qui départage condensation et humidité du mur s'applique tel quel.

Ce test est gratuit, réversible et il vaut mieux que n'importe quel avis donné en cinq minutes sur le pas de la porte. Refaites-le à deux saisons opposées : une cave peut être quasiment sèche en février et très active en avril, quand le terrain se ressuie après les pluies d'hiver.

Les autres indices à relever pendant l'observation

Pendant que les films travaillent, notez ce qui suit, avec une date. Cela vous servira à comparer plus tard.

  • La hauteur du front sur chaque mur, mesurée depuis le sol, mur par mur. Une hauteur régulière sur tout le pourtour oriente vers un phénomène de sol ; une tache localisée oriente vers une fuite ou une infiltration ponctuelle.
  • La variation saisonnière de cette hauteur. Prenez une photo au même endroit à chaque changement de saison.
  • L'état de la terre en profondeur : creusez un trou de trente centimètres environ dans un coin, et regardez s'il se remplit d'eau, en combien de temps, et jusqu'à quel niveau il se stabilise. Un trou qui se remplit est un renseignement majeur : la nappe ou une circulation d'eau est proche du niveau du sol.
  • La température de surface du sol et des murs, comparée à celle de l'air, si vous disposez d'un thermomètre de contact ou infrarouge. Un écart important explique la condensation.
  • L'odeur : une odeur de cave franche est normale ; une odeur de moisi puissante signale une matière organique qui pourrit, souvent du bois ou du carton posé au sol.

Ces relevés ne coûtent que du temps et ils changent la nature des devis que vous recevrez, parce qu'ils vous permettent de poser des questions précises.

Les solutions intermédiaires, du plus léger au plus lourd

Entre la terre nue et la dalle étanche, il y a quatre étages. Ils se cumulent : chacun suppose que le précédent est fait.

Premier étage — la mise au propre. Sortez tout ce qui est organique et posé au sol : bois, cartons, meubles bas, sacs de terreau, vieux textiles. Ils pompent l'humidité, moisissent et entretiennent l'odeur. Retirez les gravats instables, nivelez, tassez. Ajoutez éventuellement un lit de sable ou de gravier propre pour marcher sans poussière. Rien n'est fermé, rien n'est collé, et la moitié des caves jugées insalubres redeviennent acceptables à ce stade.

Deuxième étage — la ventilation. C'est le vrai levier, et il est presque toujours négligé au profit du sol. Puisqu'on ne peut pas empêcher la vapeur d'arriver, il faut l'évacuer. Cela suppose une entrée d'air basse et une sortie haute, opposées si possible, une section libre suffisante, des grilles non obstruées, et un pilotage qui évite de faire entrer de l'air d'été trop chargé. Les soupiraux, leur fermeture, leur grillage ou leur surélévation décident souvent à eux seuls de l'état de la cave.

Troisième étage — le hérisson ventilé. On décaisse, on met en place un géotextile, puis une couche de gros granulats — les granulométries courantes de type 20/40 ou 40/70 — sur une épaisseur de l'ordre d'une vingtaine de centimètres au minimum. Dans ce hérisson, on noie des tubes perforés reliés à l'air extérieur d'un côté et à une sortie en hauteur de l'autre. Le principe est de créer une lame ventilée sous le sol fini : la vapeur qui monte du terrain est captée et évacuée avant d'atteindre le mur, au lieu d'être poussée vers lui. C'est la solution qui rend une dalle acceptable dans une cave ancienne, et sans elle, la dalle reste un couvercle.

Quatrième étage — le sol fini perspirant. Sur le hérisson, on pose une chape de chaux, un béton de chaux allégé, un lit de sable avec dalles ou tomettes posées à sec, ou un simple gravier compacté selon l'usage. Ces finitions laissent passer la vapeur, se réparent, se démontent, et ne créent pas de barrière franche. Elles sèchent lentement et acceptent mal les revêtements collés étanches, ce qui est une contrainte réelle à connaître avant de choisir.

Ce que chaque étage coûte en hauteur

La contrainte oubliée est la hauteur sous plafond. Un hérisson correct plus une chape mangent facilement le tiers de ce qui reste dans une cave basse. Avant d'arbitrer, mesurez la hauteur libre, la hauteur de passage sous la poutre la plus basse, la hauteur de la dernière marche de l'escalier et celle du seuil de la porte. Si l'on veut retrouver la hauteur, il faut décaisser davantage — et c'est là que le sujet devient structurel.

Les cas où bétonner se justifie vraiment

Il en existe, et les nier serait aussi faux que de bétonner par réflexe.

  • La cave change d'usage. Buanderie, atelier, chaufferie, local technique, pièce fréquentée : il faut un sol lavable, plan, capable de recevoir des charges et des scellements. Là, la dalle est un besoin fonctionnel. Mais elle s'accompagne obligatoirement du hérisson ventilé et d'une ventilation dimensionnée, sinon on retombe dans le scénario du report. Le cas de la transformation en pièce à vivre est développé dans le sous-sol semi-enterré transformé en pièce à vivre.
  • Le sol existant est contaminé. Mâchefer chargé en sels, terre imprégnée par une ancienne cuve à fioul, sol d'ancienne étable saturé de nitrates. Ici, on purge et on remplace, et un confinement peut être délibéré et justifié.
  • Une exigence sanitaire ou de vermine. Terriers de rongeurs, sol impossible à nettoyer dans un local attenant à une cuisine, stockage alimentaire.
  • Un besoin structurel. Reprise d'un point d'appui, pose d'un équipement lourd, sol de circulation d'engin. Le béton est alors un ouvrage porteur, calculé, pas une finition.
  • La question du radon. Dans les zones concernées, un sol perméable est une voie d'entrée majeure du gaz du sol vers l'habitation. Un dallage étanche associé à une ventilation de la lame sous-dallage est une réponse cohérente. Il ne s'agit alors pas de fermer, mais de canaliser : le hérisson n'est plus une option, il est le cœur du dispositif.
  • La présence d'eau libre. Si le trou d'essai se remplit et se stabilise près du niveau du sol, on n'est plus dans le registre de la dalle mais dans celui du cuvelage — un ouvrage conçu pour résister à une pression d'eau, avec ses règles propres et ses risques de sous-pression. Le confondre avec une dalle de propreté conduit à des soulèvements et des fissures.

Bétonner ne dispense jamais de traiter l'extérieur

Aucun sol de cave ne se règle depuis l'intérieur si l'eau arrive de dehors. Gouttières et descentes, rejet des eaux pluviales à distance, niveau du terrain contre le mur, pente du terrain, étanchéité des regards et des canalisations enterrées : ces points passent avant. Un drainage périphérique ne se décide qu'après les avoir vérifiés, parce qu'il ne changera rien s'il n'y a pas d'eau gravitaire à intercepter.

Si vous bétonnez quand même : ce que le travail doit comporter

Voici la liste des points qui séparent une dalle qui tient d'une dalle qui déplace le problème.

  • Le décaissement ne descend jamais sous la base des fondations. C'est la règle qui prime sur tout le reste. Déchausser une semelle ou une fondation de moellons pour gagner de la hauteur, c'est risquer un tassement ou un affaissement de mur. Si la hauteur manque, on travaille par passes limitées et alternées, et l'avis d'un homme de l'art est nécessaire, pas facultatif.
  • Un géotextile entre le terrain et les granulats, pour éviter que le fond de fouille ne remonte dans le hérisson et ne le colmate.
  • Un hérisson de gros granulats, non colmatable, mis en œuvre sans le noyer de fines.
  • Des tubes de ventilation perforés dans le hérisson, avec entrée d'air basse en façade et sortie en partie haute, ou une extraction mécanique. Leurs orifices doivent être repérables et démontables pour un nettoyage ultérieur.
  • Un film pare-vapeur continu, à recouvrements collés et relevés en périphérie, s'il est prévu. Un film posé bord à bord sans adhésif ne sert à rien.
  • Une désolidarisation périphérique entre la dalle et les murs, avec un matériau compressible. La dalle ne doit être ni encastrée ni scellée dans la maçonnerie, pour ne pas créer de pont capillaire direct entre le béton et le mur.
  • Aucun enduit étanche sur les murs. Ni ciment, ni hydrofuge de masse, ni peinture filmogène. Le mur doit rester la surface qui peut sécher.
  • Une cure du béton correctement menée, et un délai de séchage respecté avant tout revêtement. Un sol de cave neuf relâche beaucoup d'eau pendant des semaines.

La ventilation se dimensionne avant, pas après

L'erreur de séquence la plus coûteuse consiste à couler d'abord et à se demander ensuite comment aérer. Les passages des tubes, les percements de mur pour les entrées d'air, les positions de sortie se décident quand la fouille est ouverte. Après, chaque percement devient un chantier séparé. Le principe général d'un assainissement de cave qui ne l'étouffe pas est repris dans les caves : assainir sans étouffer.

Ce que doit contenir le devis, et comment obtenir un vrai chiffre

Aucun montant ne peut être donné utilement à distance : le prix d'un sol de cave dépend d'abord de l'accès, et l'accès est propre à chaque maison. Ce qui suit permet de lire un devis et de le comparer.

Les postes qui font le prix, par ordre d'importance dans une cave.

  • L'accès et la manutention. Une cave se vide et se remplit à la main : seaux, sacs, brouette, escalier tournant, parfois un simple soupirail comme unique ouverture. C'est très souvent le poste dominant, davantage que le béton lui-même.
  • Le volume à extraire et à évacuer. Surface multipliée par la profondeur de décaissement, plus le foisonnement de la terre remuée, plus le coût de mise en décharge selon la nature du matériau — un mâchefer ou une terre polluée ne s'évacuent pas comme une terre saine.
  • Les matériaux à descendre : granulats, sable, film, tubes, béton ou liant. Selon la configuration, le béton est pompé, benné par une trémie, ou fabriqué et brouetté sur place, et l'écart entre ces solutions est important.
  • La ventilation : percements, gaines, grilles, éventuel extracteur et son alimentation électrique.
  • Le sol fini : chape de chaux, dallage, ragréage, ou rien.
  • Les aléas structurels : étaiement, reprise ponctuelle, présence d'un puisard, d'une ancienne fosse, d'un réseau enterré non repéré.

Ce qui doit figurer noir sur blanc. Le volume décaissé et la profondeur retenue ; la nature et la granulométrie des granulats et l'épaisseur du hérisson ; le nombre, la section et le tracé des tubes de ventilation avec la position de leurs débouchés ; la présence ou l'absence de film et la manière dont les lés sont traités ; le dosage et l'épaisseur de la dalle ou de la chape, l'armature éventuelle, les joints ; la désolidarisation périphérique ; le traitement du raccord au pied de mur ; l'évacuation des déblais avec sa filière ; la protection des accès et le nettoyage.

Comment obtenir un chiffre réel pour votre cas. Faites établir trois devis sur le même descriptif écrit, rédigé par vous, avec le plan coté de la cave et les hauteurs libres. Demandez à chaque entreprise de chiffrer deux variantes sur la même page : hérisson ventilé avec sol fini perspirant d'un côté, dalle béton complète de l'autre. La comparaison des deux colonnes chez trois interlocuteurs différents vous apprendra plus sur votre cave que n'importe quelle fourchette lue en ligne. Un devis qui ne mentionne ni ventilation, ni désolidarisation, ni évacuation chiffrée n'est pas comparable aux autres, quel que soit son montant.

L'ordre des travaux, et les erreurs de séquence

Un sol de cave se traite en dernier, presque toujours. L'ordre qui évite de payer deux fois est le suivant.

  • 1. L'eau de surface. Gouttières, descentes, rejets éloignés du mur, niveau du terrain abaissé contre la maçonnerie, seuil et regards vérifiés.
  • 2. Les réseaux enterrés. Une canalisation qui fuit sous une cave imite parfaitement une remontée capillaire, et aucun sol ne corrigera cela.
  • 3. La ventilation. Ouvrir, désobstruer, régler le rythme d'aération selon la saison. Puis observer.
  • 4. Une saison d'observation, films collés et photos datées à l'appui. C'est le seul moyen de savoir ce que les trois premières étapes ont déjà réglé.
  • 5. Le sol, enfin, avec la solution la plus légère qui répond à l'usage réellement prévu.

Les erreurs de séquence les plus fréquentes tiennent en trois phrases. On isole le sol avant d'avoir traité l'eau, et l'on enferme le problème sous le plancher — sujet développé dans isoler le sol d'un sous-sol humide. On ferme le sol et les murs dans le même chantier, et l'humidité ressort au niveau supérieur. On pose un revêtement collé sur une dalle qui n'a pas fini de sécher, et on recommence l'année suivante.

Questions fréquentes

Peut-on simplement poser un film plastique sur la terre battue pour arrêter la poussière et l'humidité ?

Posé libre, non collé, ce film ne fait rien de bon : il bloque l'évaporation sur sa surface, l'eau s'accumule dessous, et le flux se reporte sur le pourtour, exactement comme une dalle mais sans les avantages. Il crée en outre une zone glissante et un milieu confiné où la matière organique pourrit. Si le sol soulève de la poussière, la réponse est un lit de sable ou de gravier propre, ou une chape de chaux, pas un film. Le film ne prend son sens qu'intégré à un système complet, avec hérisson ventilé et désolidarisation périphérique.

Un sol de cave en terre battue fait-il pourrir le plancher du rez-de-chaussée ?

Il peut y contribuer si l'air chargé de la cave stagne au contact des solives. Mais la cause n'est presque jamais la terre elle-même : c'est l'absence de renouvellement d'air. Une cave dont la vapeur est évacuée n'attaque pas le plancher au-dessus. Une cave fermée, dont les soupiraux ont été bouchés pour « éviter le froid », charge l'air sous le plancher jusqu'à condenser sur les bois froids. Vérifiez d'abord les ventilations, ensuite l'état des about de solives dans les murs.

Faut-il mettre du sable, du gravier ou de la chaux sur une terre battue ?

Les trois se défendent selon l'usage. Le sable donne une surface plane et propre, mais il se creuse et se déplace. Le gravier concassé se tasse mieux, supporte le passage, et laisse parfaitement respirer : c'est le meilleur rapport effort/résultat pour une cave de stockage. La chaux — chape ou béton de chaux sur hérisson — donne un vrai sol fini, balayable, réparable et perspirant, mais elle demande une mise en œuvre soignée et un séchage long. Aucun des trois ne bloque l'évaporation, ce qui est précisément ce qu'on cherche.

Bétonner ma cave peut-il faire apparaître du salpêtre à l'étage au-dessus ?

Oui, indirectement, et c'est un enchaînement classique. En fermant le sol, on reporte le flux de vapeur sur les murs ; le front d'humidité monte, entraînant avec lui les sels dissous dans la maçonnerie. Ces sels cristallisent là où l'eau s'évapore, c'est-à-dire à la limite haute du front. Si ce front dépasse le niveau du plancher, les efflorescences apparaissent en plinthe du rez-de-chaussée, sur un mur qui n'avait jamais rien montré. Ce n'est pas une nouvelle maladie, c'est le même flux qui sort ailleurs.

Comment savoir combien coûtera le bétonnage de ma cave ?

En faisant chiffrer, pas en cherchant un prix moyen. Le poste dominant est l'accès : la même surface se paie très différemment selon qu'un camion peut approcher d'une porte de plain-pied ou qu'il faut tout monter à la main par un escalier tournant. Établissez un descriptif écrit avec la surface, les hauteurs libres, la profondeur de décaissement envisagée, la nature du sol constatée et le trajet d'évacuation. Demandez trois devis sur ce même descriptif, chacun chiffrant les deux variantes, et exigez le détail des postes. C'est la seule méthode qui donne un chiffre applicable à votre maison.

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