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Soubassement

Matériaux

Quel enduit au pied du mur : pourquoi ce n'est pas celui du haut

Quel enduit au pied du mur choisir, à quelle hauteur l'arrêter et comment raccorder le soubassement à la façade sans créer de retenue d'eau.

Détail du raccord horizontal entre un soubassement gris foncé et l'enduit clair de la façade, avec baguette larmier et bande de gravier au pied
Sous la baguette de rupture, l'arête vive oblige la goutte à se détacher : c'est ce vide, et non le produit, qui protège la ligne de raccord.

Un mur n'est pas soumis partout aux mêmes contraintes. Savoir quel enduit au pied du mur convient suppose d'abord d'admettre que la bande basse de la façade vit une autre vie que le reste : elle reçoit l'eau deux fois, elle encaisse les chocs, elle concentre les sels, et elle gèle mouillée. Un enduit conçu pour la partie courante y arrive intact et en ressort épuisé en quelques hivers. Le sujet n'est donc pas seulement le choix du produit : c'est aussi, et surtout, la façon dont il se raccorde à celui du dessus.

Ce que le pied de mur subit, et que le reste de la façade ignore

En partie courante, un enduit reçoit la pluie une fois : celle qui arrive du ciel, poussée par le vent, et qui ruisselle vers le bas. En pied de mur, il reçoit la même pluie, plus celle qui rebondit sur le sol, plus celle qui stagne au ras du terrain, plus celle que la façade lui apporte en la faisant descendre. La bande basse est un point de convergence. Tout ce qui tombe sur trois, cinq ou huit mètres de hauteur finit par y passer.

À cette eau s'ajoutent des agressions que la partie haute ne connaît pas. Les chocs, d'abord : roues de brouette, échelles posées, pieds de meubles de jardin, bordures manœuvrées. Les projections mécaniques ensuite : une tondeuse rotative envoie contre le mur des fragments d'herbe, de terre et de graviers, à répétition, toujours à la même hauteur. Les produits, enfin : sel de déneigement sur un seuil, désherbant, eau de lavage.

Il faut y ajouter ce qui vient du mur lui-même. Un mur qui contient de l'eau la fait migrer vers sa face la plus sèche, et cette eau transporte des sels. Ces sels cristallisent en surface au moment où l'eau s'évapore, c'est-à-dire précisément dans la zone où l'enduit sèche : le pied. C'est là que le salpêtre apparaît, et c'est là que la pression de cristallisation travaille le revêtement de l'intérieur.

Aucune de ces sollicitations n'est exceptionnelle. Elles sont ordinaires, répétées, et elles se cumulent. Un revêtement qui ne les prend pas en compte n'est pas mal posé : il est simplement hors de son domaine d'emploi.

Le rejaillissement, une bande de hauteur assez constante

Le rejaillissement est le phénomène le plus sous-estimé du pied de mur. Une goutte qui tombe sur une surface dure ne s'y écrase pas : elle explose en gouttelettes qui repartent latéralement et vers le haut. Contre un mur, ces gouttelettes viennent frapper une bande dont la hauteur dépend de la nature du sol et de l'intensité de la pluie, mais qui reste, dans la pratique courante, de l'ordre de trente à cinquante centimètres.

Cette hauteur est observable sans matériel. Après une averse soutenue, on regarde le mur : la limite entre la zone mouchetée et la zone propre se lit à l'œil nu. Sur un enduit clair, elle se lit même des mois après, sous forme d'un liseré plus sale, plus vert, plus terne. C'est la trace du rejaillissement.

Le sol commande beaucoup. Un enrobé ou une dalle béton renvoie fort et haut. Un pavage à joints ouverts renvoie moins. Une bande de gravier de granulométrie moyenne casse la goutte et absorbe une part de l'énergie : c'est la raison technique de cette bande drainante que l'on voit au pied de nombreuses maisons, bien avant le motif esthétique. Une pelouse qui monte au contact du mur, à l'inverse, cumule le pire : elle retient l'humidité contre l'enduit, elle empêche le séchage, et la tonte y ajoute des projections abrasives.

Le rejaillissement n'est pas une infiltration. C'est un mouillage superficiel, répété, qui empêche la zone basse de sécher entre deux épisodes. Un enduit toujours humide en surface se salit, se colonise, et perd sa capacité à évacuer ce que le mur lui envoie de l'intérieur. Les autres facteurs à examiner avant de conclure sont détaillés dans les cinq points à vérifier au pied de mur.

Pourquoi l'enduit de partie courante ne tient pas en bas

Un enduit de façade courant, monocouche ou traditionnel, est formulé pour un compromis : il doit accrocher, résister à la pluie battante, laisser passer la vapeur, encaisser les mouvements du support, et rester présentable. Rien dans ce cahier des charges ne parle de chocs, ni d'humidité permanente en partie basse, ni de cycles de gel sur un matériau saturé.

La première limite est mécanique. La dureté superficielle d'un enduit courant, surtout en finition grattée ou ribbée, est modeste. Un choc ponctuel arrache la finition et met à nu le corps d'enduit. Là où le sous-jacent est exposé, l'eau entre plus vite qu'ailleurs, et la réparation locale se voit toujours.

La deuxième limite est la capillarité de l'enduit lui-même. Un mortier a une porosité ouverte : c'est ce qui lui permet de sécher. Mais cette même porosité l'autorise à se remplir. En pied de mur, un enduit courant reste souvent chargé en eau plusieurs jours après un épisode pluvieux, parce qu'il est mouillé des deux côtés — par le rejaillissement en face avant, par le mur en face arrière.

La troisième limite est chimique. Les sels apportés par le mur se concentrent dans les pores les plus fins. Ils y cristallisent, se dissolvent, recristallisent au rythme de l'hygrométrie. Ce mouvement désagrège la matrice du mortier. On le voit d'abord comme un farinage, puis comme une pulvérulence, puis comme un décollement en plaques. Ce mécanisme est celui des sels hygroscopiques, qui font suivre au mur le rythme des saisons.

Le gel sur matériau saturé : le mécanisme qui décide de tout

Le gel ne détruit pas un enduit sec. Il détruit un enduit mouillé. L'eau qui gèle augmente de volume ; si elle occupe une porosité pleine, cette augmentation n'a nulle part où aller et s'exerce contre les parois des pores. Répétée, elle fissure la matrice de l'intérieur.

Ce qui compte n'est donc pas la température minimale de l'hiver, mais le nombre de fois où l'enduit passe de mouillé à gelé. Un pied de mur exposé au nord, à l'ombre d'une haie, sur une terrasse qui ne sèche pas, cumule beaucoup plus de cycles utiles qu'une façade sud pourtant soumise aux mêmes températures. C'est pourquoi deux murs de la même maison ne vieillissent pas au même rythme, et pourquoi le désordre commence presque toujours du côté le plus abrité du soleil.

La conséquence pratique est nette : en pied de mur, on ne cherche pas un enduit imperméable, on cherche un enduit qui ne reste pas saturé. Un matériau dont la porosité est plus grossière se remplit moins facilement par capillarité et se vide plus vite ; il offre aussi un volume de refuge à l'eau qui gèle. C'est le raisonnement qui sous-tend les mortiers dits à porosité contrôlée. À l'inverse, refermer complètement la surface pour empêcher l'eau d'entrer produit exactement l'effet opposé, et c'est le sujet de l'article sur l'enduit étanche en soubassement.

Les familles d'enduit de pied, et ce qui les sépare

Le vocabulaire commercial brouille les cartes. Trois logiques différentes se cachent derrière des noms proches.

  • Le mortier de soubassement à porosité contrôlée : formulé pour résister au gel et aux sels tout en restant respirant. Il ne bloque pas l'eau, il l'oblige à traverser lentement et à ressortir. C'est la réponse la plus fréquente sur bâti récent sain.
  • L'enduit d'assainissement, dit aussi de restauration : sa porosité est conçue pour stocker les sels à l'intérieur de son épaisseur, loin de la face vue. Il ne traite pas la cause. Son fonctionnement et sa durée de vie sont détaillés dans l'article consacré aux enduits d'assainissement.
  • Le mortier hydrofuge de masse ou le cuvelage : conçus pour arrêter l'eau. Employés en façade, ils déplacent le problème vers le haut ou vers l'intérieur.

La question à poser à une entreprise n'est donc pas « quel produit posez-vous » mais « qu'attendez-vous de ce produit : qu'il laisse sortir l'eau, qu'il stocke les sels, ou qu'il bloque ». Les trois réponses sont légitimes, mais pas sur le même mur.

Un point mérite attention : la compatibilité mécanique. Un mortier de soubassement plus dur que le support crée une zone de rigidité au pied d'un mur qui, lui, travaille. La fissuration se produit alors à la jonction, en limite de reprise. Sur un support tendre — pierre calcaire tendre, brique ancienne, terre — cette différence de dureté est un piège classique.

Les mortiers de réparation et les enduits chargés : un usage précis

On rencontre en pied de mur des produits qui ne sont pas des enduits de façade : mortiers de réparation structurelle, enduits chargés en résine, revêtements de type ciment-résine. Ils ont un usage réel, et un domaine étroit.

Un mortier de réparation sert à reconstituer une épaisseur perdue : un angle épaufré, une zone désagrégée par le gel, une saignée rebouchée. Il se pose localement, sur un support sain et rugueux, et il doit ensuite recevoir la finition générale. Employé comme revêtement continu sur toute la bande basse, il crée une peau rigide, souvent peu perméable, avec les conséquences décrites plus haut.

Les enduits chargés en résine offrent en revanche une résistance mécanique très supérieure. Ils ont leur place là où le choc est la contrainte dominante et l'humidité une contrainte faible : un pied de mur sur cour bétonnée, un mur de garage, un passage de portail. Leur inconvénient est constant : plus la résine est présente, moins la vapeur passe. Sur un mur qui a de l'eau à évacuer, ce gain de dureté se paie en désordres décalés — cloquage, décollement par plaques, salpêtre juste au-dessus de la limite du revêtement.

La règle de lecture est simple. Un revêtement dur et fermé se justifie quand le mur est sec et exposé aux chocs. Un revêtement plus tendre et ouvert se justifie quand le mur a de l'eau à rendre. Se tromper de diagnostic conduit à choisir le bon produit pour la mauvaise raison — et le diagnostic préalable reste la seule façon de trancher, comme le rappelle l'article sur les quatre origines de l'humidité.

À quelle hauteur s'arrête un soubassement, et pourquoi

La hauteur n'est pas un choix esthétique libre. Elle répond à trois logiques qui ne donnent pas toujours le même chiffre.

La logique du rejaillissement dit : au-dessus de la bande mouillée. Si la trace de mouchetis monte à quarante centimètres, un soubassement arrêté à trente est inutile ; il laisse la zone la plus sollicitée à l'enduit courant.

La logique constructive dit : à la limite d'un élément qui existe déjà. Beaucoup de maisons portent une rupture naturelle — arase de fondation, tête de mur de cave, retour de dalle, larmier maçonné, bandeau. Aligner le soubassement sur cet élément a un avantage majeur : le raccordement se fait sur un détail conçu pour rejeter l'eau, et non sur une ligne arbitraire au milieu d'un panneau plan.

La logique de la façade dit : sur une ligne qui se lit. Un soubassement dont la hauteur varie de quelques centimètres d'un bout à l'autre parce qu'il suit un terrain en pente se voit immédiatement. On choisit alors soit une horizontale franche, quitte à ce que la hauteur visible varie, soit un décroché net à un endroit précis, jamais une pente douce.

En pratique, une hauteur comprise entre le niveau de la bande mouillée et l'appui des fenêtres du rez-de-chaussée couvre la plupart des cas. Le point à vérifier, lui, est ailleurs : la limite basse. Un soubassement doit descendre jusqu'au sol fini et le rencontrer proprement, sans laisser un centimètre de maçonnerie nue, et sans se terminer sous le niveau du terrain dans une zone qui restera perpétuellement humide.

Le raccordement : larmier, rupture, recouvrement

C'est le point sur lequel se joue la réussite ou l'échec, plus encore que le choix du produit. Deux enduits différents se rencontrent sur une ligne. Cette ligne est une discontinuité : de matière, d'épaisseur, de porosité, de dilatation. L'eau qui descend le long de la façade y arrive nécessairement.

Trois traitements existent, et un seul est neutre.

  • Le larmier : la ligne de raccord se fait sur un élément saillant, dont la sous-face présente une gorge ou une arête vive. L'eau qui descend arrive au bord, ne peut pas remonter par capillarité sous la saillie, et tombe. Le raccord se trouve alors à l'abri, en retrait de la lame d'eau.
  • La rupture par joint creux : les deux enduits sont séparés par un joint franc, en léger creux, souvent avec un profilé de rupture. L'eau ne franchit pas le vide en nappe ; elle est obligée de se détacher.
  • Le recouvrement : l'un des deux enduits recouvre l'autre sur quelques centimètres. Le sens de ce recouvrement décide de tout.

Un raccord fait bord à bord, sans saillie ni creux, en simple arrêt de l'un contre l'autre, est le plus fréquent parce que c'est le plus rapide. C'est aussi celui qui vieillit le plus mal : la ligne se fissure, la fissure se remplit, et l'eau entre entre les deux enduits.

Le recouvrement dans le mauvais sens : la faute qui retient l'eau

Un enduit de façade qui descend et s'arrête sur le soubassement, en recouvrant sa partie haute, se comporte comme une tuile : l'eau qui descend passe par-dessus le joint et continue son chemin. C'est le sens correct.

Le sens inverse est le piège. Quand le soubassement, souvent plus épais, remonte et vient chevaucher l'enduit de façade, il forme une petite corniche à l'envers. La lame d'eau qui descend s'arrête sur cette lèvre, s'accumule dans l'angle rentrant, et stationne. Elle finit par pénétrer par le joint, entre les deux couches, exactement là où aucune des deux n'est protégée. En hiver, cette eau logée dans une interface gèle ; le soubassement se décolle par le haut, sur une ligne parfaitement horizontale.

Ce désordre a une signature reconnaissable : la fissure ou le décollement ne suit pas les hasards du support, il suit une horizontale nette, à hauteur constante, sur toute la longueur de la façade. Quand on voit cela, il est rarement utile de chercher plus loin. Le raccord a été fait à l'envers, ou fait bord à bord puis ouvert par le retrait.

La réparation n'est pas un rebouchage. Reboucher le joint remet de l'eau dans le sandwich. Il faut ouvrir, purger la zone décollée, et refaire un raccord qui rejette : soit en créant un joint creux avec un profilé, soit en reprenant l'enduit haut pour qu'il recouvre. C'est un poste modeste en surface, et long en main-d'œuvre.

Le décroché maçonné et le profilé rapporté : deux façons de créer un rejet

Sur une façade plane, on peut fabriquer un rejet là où il n'y en a pas.

Le décroché maçonné consiste à donner au soubassement une surépaisseur, quelques centimètres, avec une arête supérieure biseautée vers l'extérieur. L'eau descend, rencontre le biseau, s'écarte du mur. La sous-face du biseau, si elle est vive, empêche la remontée. C'est robuste, durable, sans pièce rapportée à vieillir. C'est aussi plus long à réaliser et cela suppose que le maçon travaille l'arête à la règle, sur toute la longueur, sans ondulation visible.

Le profilé rapporté — cornière, baguette de rupture, profil larmier en PVC ou en métal traité — remplit la même fonction avec une pièce industrielle. Il donne une ligne parfaitement droite et un joint de rupture net. Ses points faibles sont connus et vérifiables : la fixation, la continuité aux jonctions de longueurs, et le traitement des angles. Un profilé interrompu à un angle de mur laisse un point d'entrée qui annule tout le reste. Sur un mur exposé, on regarde aussi la compatibilité entre le métal et le mortier, et la reprise de la dilatation sur les grandes longueurs.

Dans les deux cas, le point à contrôler au moment des travaux est le même : se placer sous la ligne, regarder vers le haut, et vérifier que la sous-face est franche et sèche. Une sous-face arrondie, ou remplie de mortier au doigt, ne rejette rien. La goutte la contourne.

Ce que la teinte plus soutenue du soubassement masque, et ce qu'elle révèle

La convention est ancienne : un soubassement est plus foncé que la façade. Elle a une raison pratique. La bande basse se salit — terre, mousses, projections, traces de rejaillissement. Une teinte soutenue absorbe visuellement ces salissures et espace les nettoyages.

Elle masque aussi autre chose, et c'est plus gênant. Sur un enduit clair, une efflorescence saline se voit comme une auréole blanche, et une zone humide se lit comme une tache plus sombre qui bouge avec la météo. Sur un soubassement gris foncé ou anthracite, l'efflorescence devient un voile discret, et la variation d'humidité disparaît presque. Un mur qui donne des signaux depuis deux ans peut n'avoir jamais été remarqué.

La teinte foncée révèle en revanche deux choses avec une netteté que le clair n'a pas. La première est la limite de la zone de séchage : sur un enduit sombre, la frontière entre la partie qui a séché et celle qui reste chargée est très lisible, surtout en lumière rasante après une pluie. La seconde est la géométrie des désordres : une fissure horizontale, un décollement en ligne, une reprise de raccord ratée ressortent plus que sur un fond clair et bruité.

Il existe une conséquence physique, souvent oubliée : une surface sombre chauffe davantage au soleil. Sur un mur qui contient de l'eau, cela accélère l'évaporation en face vue — donc la cristallisation des sels juste sous la surface. Sur une façade sud, un soubassement très sombre peut concentrer le désordre au lieu de le répartir. Ce n'est pas une raison de renoncer au principe, c'en est une de ne pas pousser le contraste à l'extrême sur un mur dont on sait qu'il est chargé.

Une bonne habitude, quand on repeint ou qu'on refait un soubassement foncé : photographier le pied de mur au même endroit, deux fois par an, en fin d'hiver et en fin d'été, à la même heure. La comparaison montre ce que l'œil ne perçoit plus.

Le mur ancien : pourquoi la réponse s'inverse

Sur une construction récente, le pied de mur est protégé par une coupure de capillarité intégrée à la maçonnerie. L'eau du sol ne monte pas dans le mur ; l'enduit de soubassement n'a donc à gérer que l'eau venue de l'extérieur. Le raisonnement « produit plus résistant, plus fermé, plus dur » y garde un sens.

Sur un mur ancien, il n'y a le plus souvent aucune coupure. Le mur est un système ouvert : il prend l'eau par le bas, la fait monter, et la rend par évaporation sur ses deux faces. Cette évaporation est vitale. Elle est le seul mécanisme qui empêche la zone humide de progresser vers le haut. Tout revêtement qui réduit la surface d'évaporation en pied déplace la limite haute de l'humidité vers le haut, mécaniquement, sans exception.

Sur un tel mur, un soubassement plus fermé que la partie courante est donc exactement l'inverse de ce qu'il faut. La face basse doit rester la plus ouverte du mur, pas la plus étanche. On accepte qu'elle se salisse, qu'elle se patine, qu'elle s'use, parce que c'est le prix de la protection du reste.

Le soubassement sacrificiel, une logique ancienne et cohérente

Le bâti ancien apporte une réponse qui déroute les habitudes contemporaines : le revêtement de pied de mur y est souvent conçu pour être consommé et refait. Un enduit de chaux maigre, un badigeon épais, un mortier à faible dosage jouent le rôle d'une couche d'usure. Ils absorbent les sels, se chargent, se dégradent — et on les remplace.

Cette logique a une conséquence sur la façon de juger l'état d'un mur. Un soubassement ancien pulvérulent en surface n'est pas nécessairement un échec : il a peut-être fait exactement son travail, en captant les sels que le mur remontait. La question à se poser n'est pas « pourquoi cet enduit se dégrade » mais « est-ce qu'il se dégrade seul, ou est-ce que le mur derrière se dégrade aussi ». On le vérifie en grattant une zone : si le mortier de la maçonnerie est sain sous l'enduit fatigué, le système a fonctionné.

Le corollaire est une question de calendrier et d'argent. Un soubassement sacrificiel demande une reprise périodique, à l'échelle de la décennie plutôt que de l'année, alors qu'un revêtement dur promet de ne rien demander pendant longtemps. Cette promesse est tenue en apparence : rien ne bouge en face vue. Ce qui bouge est derrière, et se découvre plus tard, plus haut, et plus cher à reprendre. Sur bâti ancien, un devis qui propose la même solution en pied et en partie courante, sans jamais parler d'évaporation, mérite une deuxième lecture.

Un dernier point distingue l'ancien du récent : la nature du sol au contact. Beaucoup de maisons anciennes ont vu leur niveau extérieur monter au fil des reprises de voirie, de terrasses ajoutées, de remblais. Le pied de mur d'origine se retrouve alors enterré. Aucun enduit ne corrige cela. Tant que la maçonnerie est en contact avec de la terre humide sur plusieurs dizaines de centimètres, le choix du revêtement est secondaire ; c'est le niveau du sol qu'il faut traiter.

Ce qu'il faut demander et contrôler, avant et pendant

Avant les travaux, trois documents ou informations valent d'être obtenus.

  • La fiche technique du produit posé en pied, et celle de l'enduit de partie courante. On y lit la nature du liant et le domaine d'emploi. Un produit dont la fiche ne mentionne pas le soubassement n'est pas prévu pour.
  • Le détail du raccordement, décrit en clair sur le devis : larmier, joint creux avec profilé, ou recouvrement — et dans quel sens. Un devis qui n'en dit rien laisse le choix au compagnon, le jour de la pose, sous la pluie.
  • La hauteur retenue et sa justification. Si la réponse est « comme d'habitude », demander où passe la trace de rejaillissement sur ce mur-ci.

Pendant les travaux, quatre points s'observent sans compétence particulière. La préparation : le support doit être décapé jusqu'au dur, pas simplement brossé. La limite basse : l'enduit doit descendre au sol fini, sans laisser de maçonnerie visible. La sous-face du rejet : franche, non rebouchée. Le retour aux angles : la ligne de raccord doit tourner l'angle sans interruption ni point bas.

Un raccord bien fait se reconnaît à ce qu'il crée un vide ou une saillie. Un raccord dessiné à la truelle, plat et continu, n'est pas un raccord : c'est une ligne de faiblesse que l'eau trouvera.

Enfin, un point de méthode. Refaire un pied de mur sans avoir identifié l'origine de l'eau revient à changer un pansement sans regarder la plaie. Si le mur reçoit de l'eau par le haut — un débord insuffisant, un appui sans rejet, une descente pluviale qui rejette au pied — le meilleur enduit de soubassement du monde ne tiendra pas davantage que le précédent. Ce cas est traité dans l'article sur l'eau qui vient d'en haut.

Questions fréquentes

Peut-on poser le même enduit en haut et en bas si la façade est neuve ?

C'est possible sur une construction récente, avec une coupure de capillarité en place, un sol qui s'écarte du mur, et un pied de mur peu exposé aux chocs. Mais on perd alors deux choses. La première est la résistance mécanique là où les chocs arrivent. La seconde est la lisibilité des salissures : la bande basse se marquera, et la reprise devra se faire sur toute la façade, faute de ligne de séparation. Si l'on renonce au soubassement, il vaut mieux le décider et le dire, plutôt que de le découvrir au premier nettoyage.

Mon soubassement se décolle sur une ligne horizontale nette : d'où cela vient-il ?

Une ligne horizontale régulière, à hauteur constante, désigne presque toujours le raccord entre les deux enduits, et non le support. Deux causes dominent : un recouvrement à l'envers, où le soubassement chevauche l'enduit du dessus et retient l'eau dans l'angle rentrant, ou un raccord bord à bord qui s'est ouvert au retrait. Dans les deux cas, l'eau s'est installée entre les couches et le gel a fait le reste. Le rebouchage seul est contre-productif : il enferme l'eau déjà présente.

Faut-il un enduit hydrofuge en pied de mur ?

La question mérite d'être retournée : que veut-on empêcher ? Si le mur est sec et que l'on veut limiter le salissement par rejaillissement, une formulation hydrofugée en surface peut se défendre. Si le mur a de l'eau à évacuer, l'hydrofuge déplace la sortie de cette eau vers le haut ou vers l'intérieur, et le désordre réapparaît au-dessus de la limite du traitement. C'est la même mécanique que celle de l'enduit étanche, en plus discret et donc plus difficile à imputer.

Quelle hauteur choisir si mon terrain est en pente ?

Deux réponses cohérentes existent, et une mauvaise. On peut tenir une horizontale unique, la hauteur visible du soubassement variant alors le long de la façade : c'est la solution la plus lisible. On peut aussi créer un ou deux décrochés francs, alignés sur un élément de la façade — un angle, une baie, un pilier. La mauvaise solution est de suivre la pente en gardant une hauteur constante par rapport au sol : le regard perçoit la ligne oblique comme un défaut, et le raccord vient couper les percements à des hauteurs variables.

Un soubassement foncé cache-t-il un problème d'humidité ?

Il ne le crée pas, mais il le rend nettement moins visible. Les efflorescences salines et les variations de teinte liées au séchage, très lisibles sur un enduit clair, s'effacent sur un fond sombre. Avant de choisir une teinte soutenue sur un mur dont on connaît l'historique, il est prudent d'établir un point de départ : quelques photographies du pied de mur, prises au même endroit en fin d'hiver et en fin d'été, permettent ensuite de comparer plutôt que de se fier à l'impression.

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