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Soubassement

Diagnostic

Damville : maison de bourg, cour arrière, un mur pris des deux côtés

À Damville, la maison de bourg mitoyenne encaisse la terre de la cour à l'arrière et le rejaillissement sur rue : le relevé pièce par pièce, dans l'ordre.

Mur arrière d'une maison de bourg en silex, terre de la cour montée au-dessus du niveau intérieur, bande humide et salpêtre en pied.
Quand la cour arrière a monté au-dessus du plancher, le mur de façade travaille comme un mur de soutènement qu'on n'a jamais conçu pour ça.

La maison de bourg de Damville a une géométrie qui décide de presque tout : deux murs longs pris entre les voisins, un mur pignon ou un mur de fond qui donne sur la cour, une façade étroite sur la rue, et au milieu un refend qui porte l'escalier. Quand l'humidité apparaît, elle n'a pas une origine mais deux, parfois trois, et elles ne se traitent pas dans le même ordre. Le mur arrière encaisse la terre d'une cour presque toujours plus haute que le plancher. Le mur sur rue encaisse le rejaillissement d'un trottoir étroit et d'une chaussée qui rejette l'eau vers les seuils. Le refend, lui, ne prend rien : il redistribue ce que les deux autres lui apportent. C'est cette redistribution qui trompe le diagnostic, parce qu'elle fait mouiller un mur intérieur au milieu de la maison, là où personne ne cherche d'eau.

Ce qui suit n'est pas une liste de remèdes. C'est un relevé : ce qu'on regarde, dans quelle pièce, avec quoi, et comment on hiérarchise ensuite. Le but est simple. Arriver devant un artisan en sachant quelles causes coexistent, laquelle domine, et laquelle doit être traitée en premier — parce que traiter la seconde d'abord revient presque toujours à payer deux fois.

Pourquoi la maison de bourg est prise des deux côtés

Le bâti de bourg de cette partie de l'Eure suit une logique de parcelle en lanière : étroite sur la rue, profonde vers l'arrière. La maison occupe le devant, la cour ou le jardin occupe l'arrière, et les dépendances ferment le fond. Les murs sont en moellon de silex, souvent avec des chaînages et des encadrements en brique ou en calcaire, montés au mortier de chaux, parfois avec un soubassement plus dur et plus épais. Le plancher bas du rez-de-chaussée est bas — c'est un bâti conçu pour un niveau de sol qui n'a pas bougé depuis, alors que tout ce qui l'entoure a monté.

Car c'est ça, la vraie affaire. En deux siècles, la rue s'est rechargée : empierrement, macadam, enrobé, reprises de trottoir. La cour arrière, elle, s'est rechargée autrement : terre de jardinage, remblais de travaux, une dalle posée sur l'ancien sol plutôt qu'à sa place, des bordures de massif qui retiennent quelques centimètres de plus à chaque fois. Résultat courant : le sol extérieur arrière se retrouve au-dessus du niveau du plancher intérieur, parfois de vingt à quarante centimètres, sans que personne ait jamais décidé de faire un mur enterré.

À l'arrière, l'eau est poussée latéralement par une masse de terre humide plaquée contre le mur. Elle est présente en continu tant que la terre est chargée, elle sèche lentement, elle apporte des sels avec elle. En façade sur rue, l'eau est projetée par intermittence : quelques dizaines de centimètres de rejaillissement pendant les averses, une bande basse qui se remouille avant d'avoir séché, et une lame d'eau qui peut circuler le long du seuil quand la pente de la rue amène tout devant la porte.

La confusion vient de ce que les deux produisent la même chose à l'œil : une bande sombre en pied de mur, un enduit qui cloque, du salpêtre, une plinthe qui gondole. Les distinguer suppose donc de regarder la forme de la tache, sa hauteur et son calendrier, et non son intensité.

Le contexte de la vallée de l'Iton ajoute une irrégularité. Le bourg est installé au contact de la vallée de l'Iton et des plateaux qui la bordent. Les fonds sont limoneux et frais, les versants mêlent argile à silex et calcaire fissuré. Ce contexte n'apporte pas une nappe permanente sous chaque maison, mais il produit deux effets qui comptent au pied d'un mur. D'abord, la terre des cours arrière est souvent argileuse : elle se gorge en hiver, elle retient, elle relâche lentement, et elle plaque sur le mur une humidité qui ne redescend jamais complètement entre deux pluies. Ensuite, la restitution d'eau y est irrégulière : des secteurs restent secs très longtemps puis se chargent d'un coup après un épisode prolongé. Un mur peut donc être sain trois ans et se déclarer la quatrième année, sans que rien n'ait changé dans la maison.

Conséquence pratique : un relevé fait en août ne dit presque rien du mur arrière. On relève en fin d'hiver, ou deux fois à six mois d'écart, ou l'on accepte que la conclusion soit provisoire.

Le relevé pièce par pièce : ce qu'on note et dans quel ordre

Le relevé se fait de l'intérieur d'abord, dans l'ordre des pièces, avec un mètre, un niveau, une lampe rasante et un carnet. À ce stade on ne cherche pas d'où vient l'eau : on cartographie des hauteurs, l'information la plus fiable qu'une maison donne gratuitement.

Pour chaque mur, on note trois chiffres : hauteur maximale de la zone humide, hauteur moyenne, et hauteur au droit des angles. On note aussi la nature du revêtement, parce qu'un doublage placo et un enduit plâtre ne racontent pas la même chose au même endroit.

La pièce arrière, celle qui touche la cour

C'est là qu'on commence, parce que c'est là que la cause la plus lourde se trouve neuf fois sur dix. On relève d'abord le niveau du sol extérieur par rapport au plancher intérieur : un niveau posé sur le seuil de la porte arrière, une règle, et on mesure la différence. Ce chiffre unique commande tout le reste du diagnostic.

Ensuite, on regarde la forme de la tache. Une humidité de terre latérale donne une bande haute et régulière, souvent calée sur la hauteur des terres extérieures, parfois quelques centimètres au-dessus. Elle est plus marquée dans les angles, elle remonte le long des murs de retour sur une cinquantaine de centimètres, et elle est la même à droite et à gauche de la pièce. Elle ne dépend pas des ouvertures.

On note aussi ce qui est posé contre ce mur : une cuisine, un cellier, un placard fermé, un congélateur. Un mur arrière qui reçoit de la terre et qu'on a bouché avec un meuble ne sèche jamais et confond humidité de mur et condensation de surface. Avant de conclure, il faut donc dégager ce mur pendant quelques jours et refaire le relevé.

La pièce sur rue

Ici, la tache se comporte autrement. Elle est basse et irrégulière : trente centimètres, parfois quarante, rarement au-delà si le rejaillissement est seul en cause. Elle est plus forte sous les fenêtres, autour du seuil, et à l'endroit où la pente du trottoir amène l'eau. Elle sèche vite après une semaine sans pluie, et elle revient en quelques heures d'averse. Cette réactivité est la signature du rejaillissement : une cause de terre ne réagit pas à une averse, elle réagit à une saison.

On relève trois choses en plus : la hauteur du trottoir par rapport au seuil, l'état du soubassement extérieur sur les quatre-vingts premiers centimètres, et la présence d'un enduit ciment ou d'une peinture filmogène qui empêcherait le mur de rendre ce qu'il a pris.

Le couloir, l'escalier et le refend

C'est la partie du relevé que presque personne ne fait, et c'est celle qui explique les cas incompréhensibles. Le refend traverse la maison de l'arrière vers l'avant. Il est maçonné, il est en contact avec le même sol, et surtout il est relié aux deux murs de façade par un chaînage ou une simple imbrication de moellons. L'eau que le mur arrière prend ne reste pas dans le mur arrière : elle chemine dans la maçonnerie, plus lentement, mais elle chemine.

En pratique, on constate une bande basse sur le refend, à un mètre ou deux du mur arrière, souvent au niveau du départ d'escalier, avec un enduit qui poudre plutôt qu'il ne cloque. Le mécanisme et ses conséquences en mitoyenneté sont traités dans l'humidité qui passe dans un mur de refend ou un mur mitoyen ; ce qu'il faut retenir ici, c'est qu'un refend humide n'est presque jamais une cause. C'est un symptôme déporté.

Les deux murs mitoyens se notent sans qu'on les interprète. Les deux murs longs sont partagés avec les voisins. Ils sont rarement à l'origine du désordre, mais ils en portent la trace : une bande d'humidité en pied qui s'arrête net à un mètre du fond, ou qui au contraire est plus forte du côté d'un voisin dont la cour est encore plus remblayée. On le note, on ne l'interprète pas tout de suite, et on n'engage rien sur un mur mitoyen sans avoir posé la question de son statut.

Ce que la cour arrière fait vraiment au mur du fond

Une cour plus haute que le plancher transforme un mur de façade en mur de soutènement. Il n'a pas été construit pour ça. Il n'a ni drainage, ni couche de séparation, ni parement enterré. Il reçoit de la terre humide sur toute la hauteur du remblai, et il reçoit aussi la pression d'une masse qui gonfle quand l'argile prend l'eau.

Les conséquences se lisent dans un ordre constant : bande humide intérieure calée sur la hauteur des terres, décollement de plinthe et odeur qui ne part pas, efflorescences ou salpêtre là où l'eau s'évapore — les sels restent quand l'eau part — puis, si rien n'est fait, un enduit qui se désolidarise par plaques et des abouts de solives qui s'altèrent dans leur logement.

La hauteur des terres se mesure, elle ne se devine pas. La mesure se fait en trois points le long du mur, parce qu'une cour n'est jamais plane. On note à chaque point : niveau du sol extérieur, niveau du plancher intérieur, et nature de ce qui touche le mur — terre nue, dalle, gravier, massif planté, appentis. Le décalage entre les trois points explique souvent pourquoi la tache intérieure est plus haute à une extrémité.

Ce que ce relevé prépare, c'est la seule action qui règle vraiment la cause : redescendre le niveau extérieur au-dessous du plancher intérieur, sur une largeur suffisante pour que la terre ne soit plus en contact direct. Ce n'est ni élégant ni spectaculaire, mais aucun produit appliqué à l'intérieur ne remplace ce décaissement. Le mécanisme complet est décrit dans la terre montée contre le mur : le désordre qu'on fabrique en jardinant.

Le cas de la cour bétonnée en pente vers la maison

Très fréquent dans les bourgs : une dalle a été coulée dans la cour, pour garer une voiture ou pour ne plus avoir de boue. Elle a été coulée par-dessus le sol existant, elle est donc plus haute qu'avant, et sa pente a été réglée à l'œil. Une pente inversée de un ou deux centimètres par mètre suffit à conduire toute l'eau de la cour au pied du mur arrière, où elle stationne le long d'un joint ouvert.

On le vérifie sans matériel : un demi-seau d'eau versé au milieu de la cour, et on regarde où il va. S'il revient vers la maison, la dalle est une cause à part entière, distincte du remblai, et elle se traite séparément — par une reprise de pente, une saignée périphérique, ou une grille raccordée à un exutoire.

Le mur sur rue : rejaillissement, seuil, et eau de chaussée

Sur la rue, la maison n'a pas de recul. Le pied de mur reçoit ce qui rebondit du trottoir, et parfois ce qui coule le long de la chaussée quand la pente de la rue et le fil d'eau conduisent vers l'entrée. Trois configurations reviennent.

  • Le trottoir remonté au-dessus du seuil. L'eau ne rejaillit plus, elle entre. La bande humide intérieure part du seuil et s'étale de part et d'autre, en dôme.
  • Le trottoir en pente vers le mur. L'eau stationne le long du soubassement pendant l'averse, et le mur boit par le pied avant que le trottoir ne se ressuie.
  • Le rejaillissement seul. Bande basse, régulière, sur toute la façade, sans point plus marqué. C'est le cas le plus bénin et souvent le seul qui se règle par un simple entretien de l'enduit bas.

Reste à savoir si la façade peut rendre ce qu'elle prend. Une façade de bourg reçoit peu de soleil : elle est encadrée par les voisins, la rue est étroite, le débord de toiture est faible. Si elle a été enduite au ciment ou peinte avec un film étanche dans les décennies passées, elle prend l'eau par les fissures et ne la restitue plus. L'humidité migre alors vers l'intérieur, qui devient la seule face d'évaporation disponible. C'est le mécanisme décrit dans pourquoi un enduit étanche en soubassement aggrave toujours la situation, et il change complètement l'ordre des travaux : tant que la face extérieure est fermée, aucune reprise intérieure ne tiendra.

Sur la partie qui touche le domaine public — trottoir, caniveau, création d'un exutoire, modification d'un seuil, pose d'une grille au droit de la façade — le régime n'est pas le même que dans la cour. Ce point se vérifie au service urbanisme de la mairie avant de commander quoi que ce soit. Concrètement, on demande : où s'arrête la propriété privée au droit de la façade, si une intervention sur le trottoir est possible et à quelles conditions, et si le rejet des eaux pluviales vers le réseau ou vers le caniveau est admis à cette adresse. La réponse change le chantier, parce qu'elle décide si l'eau de la cour peut sortir par l'avant ou doit être infiltrée sur la parcelle.

Le refend, ou l'humidité qui apparaît là où il n'y a pas d'eau

Un refend humide au milieu d'une maison de bourg déclenche presque toujours la même erreur : on conclut à une remontée capillaire généralisée, et on propose une injection sur tous les murs. Or dans cette géométrie, le refend est le point d'arrivée d'un cheminement, pas une source.

Trois indices le confirment. La hauteur de la tache décroît à mesure qu'on s'éloigne du mur arrière — une remontée vraie serait d'égale hauteur sur toute la longueur. La tache est plus forte du côté du mur arrière et s'éteint vers la rue. Enfin, elle réagit avec retard : elle apparaît des semaines après la saison humide et disparaît des semaines après le mur arrière.

Un refend ne se traite jamais en premier. Parce qu'un refend traité alors que le mur arrière continue d'alimenter est un mur qu'on aura ouvert, séché, refait, et qui se remouillera par l'arrière dans l'année suivante. L'ordre est le même que pour un tuyau : on ferme avant d'éponger. Un refend se reprend en dernier, une fois que la cause amont est coupée et que le séchage est engagé.

Il y a une exception : si le refend porte un doublage ou un placard fermé, on l'ouvre tout de suite. Non pour le traiter, mais pour le laisser respirer et pour arrêter la dégradation du bois pendant les mois où la cause amont se règle.

Séparer les deux causes avant de choisir

Quand les deux murs mouillent, il faut savoir laquelle des deux causes domine, et si elles sont réellement indépendantes. Trois vérifications suffisent, et aucune ne demande d'appareil.

  • Le test de l'averse. On note l'état des deux murs après une semaine sèche, puis vingt-quatre heures après une pluie soutenue. Le mur sur rue change ; le mur arrière ne change pas. Si le mur arrière change lui aussi, c'est qu'il reçoit un ruissellement de surface, pas seulement de la terre — et ce ruissellement se règle en quelques heures de travail, pas par un décaissement.
  • Le test de la saison. On refait le même relevé de hauteurs à six mois d'écart. La cause de terre varie de manière ample et lente ; le rejaillissement varie peu en amplitude.
  • La cartographie des hauteurs. Sur un croquis du rez-de-chaussée, on reporte les hauteurs relevées mur par mur. Le dessin donne presque toujours la réponse : une cause de terre produit un plateau régulier côté cour, un rejaillissement une bande basse côté rue, une remontée capillaire vraie une ligne d'égale hauteur sur tous les murs sans exception.

Ce que l'humidimètre ajoute, et ce qu'il n'ajoute pas

Un relevé à l'appareil est utile pour comparer deux points du même mur au même moment. Il l'est beaucoup moins pour dire si un mur est « sec », parce que la valeur dépend des sels présents, du matériau et de la profondeur de mesure. Sur un mur qui a porté du salpêtre, l'appareil surestime toujours. Ce que l'appareil dit et ne dit pas est développé dans mesurer l'humidité d'un mur : ce que l'appareil dit vraiment — retenir surtout qu'on s'en sert pour établir un écart, jamais un verdict.

L'ordre de traitement quand deux causes coexistent

L'ordre n'est pas une question de confort ou de budget. Il découle d'une règle simple : on coupe les apports d'eau du plus continu au plus intermittent, puis on laisse sécher, puis seulement on refait les surfaces.

  • Couper l'apport de terre à l'arrière. Décaissement du sol extérieur jusqu'à passer sous le niveau du plancher intérieur, sur une largeur qui permette au mur d'être en contact avec l'air. Reprise des pentes de cour dans le même mouvement, pour que l'eau de surface s'éloigne au lieu de stationner.
  • Rétablir l'évacuation de l'eau de cour. Une cour fermée par des murs et des dépendances n'a souvent aucun exutoire. Tant que l'eau n'a nulle part où aller, le décaissement se transforme en réservoir. C'est le moment où l'on décide s'il faut ou non un dispositif enterré : drainage périphérique : quand il se justifie, et quand il ne changera rien donne les critères, et ils sont plus restrictifs qu'on ne le croit.
  • Traiter le pied de façade sur rue. Reprise de l'enduit bas en matériau perméable, dégagement du seuil, correction de la pente du trottoir si elle est possible, et suppression de tout revêtement filmogène qui bloquerait l'évaporation.
  • Laisser sécher. C'est l'étape qu'on saute, et c'est celle qui fait rater les autres. Un mur épais de moellon qui a été chargé plusieurs hivers ne se vide pas en un été. On chauffe doucement, on ventile, on ne referme rien.
  • Refaire les intérieurs, refend compris. Enduits perméables, plinthes reposées avec un jeu en pied, pas de doublage collé, pas de peinture filmogène.

Ce qu'on ne fait pas en premier

On ne commence pas par l'injection d'une barrière chimique, parce qu'une barrière ne traite qu'une remontée capillaire et ne fait rien contre une poussée latérale ni contre un rejaillissement. Sur un mur arrière contre-terre, elle est même contre-productive : elle coûte le budget qui devait payer le décaissement.

On ne commence pas non plus par un enduit d'assainissement intérieur. Il masque, il donne un ou deux ans de répit, et il reporte le problème sur la partie du mur restée nue. Il a un rôle, mais en fin de séquence, pas au début.

Enfin, on ne pose ni doublage isolant, ni lambris, ni papier peint tant que le séchage n'est pas terminé : un mur ancien épais met plusieurs saisons à revenir à l'équilibre, pas quelques semaines.

Ce qu'il faut avoir en main avant de faire venir quelqu'un

Sans relevé, un artisan qui voit deux murs mouillés et une cour haute propose ce qu'il sait faire. Avec un relevé, la discussion change de nature.

Le dossier minimal tient en une page : le croquis du rez-de-chaussée avec les hauteurs de tache mur par mur, la différence de niveau entre la cour et le plancher mesurée en trois points, la même mesure côté trottoir, la date des relevés et la météo des quinze jours précédents, la nature des revêtements extérieurs, et la liste de ce qui est plaqué contre les murs à l'intérieur. On y ajoute ce qu'on a déjà tenté et ce que ça a donné.

Sur les murs mitoyens et sur la limite séparative, il faut savoir à quel titre on intervient avant de commander. Décaissement contre un mur partagé, saignée le long d'un mur de clôture, évacuation qui traverse chez le voisin : cela se règle par écrit en amont, pas pendant le chantier. Pour ce qui déborde sur le domaine public au droit de la façade, la question se pose au service urbanisme de la mairie, qui dira aussi si une servitude ou un avis particulier est susceptible de porter sur l'aspect du pied de façade à cette adresse.

Le prix, enfin, ne se construit pas sur des surfaces d'enduit mais sur l'accès. Une cour de bourg fermée, sans passage pour un engin, oblige à sortir les terres à la brouette par le couloir de la maison ou par une dépendance. Volume de déblai, distance de portage, nature du sol rencontré, présence d'un exutoire, reprise ou non d'une dalle existante : ces postes font varier le chantier bien plus que le linéaire de mur. On les fait chiffrer un par un, en demandant explicitement par où les terres sortent.

Questions fréquentes

Ma cour est plus haute que mon plancher : faut-il forcément décaisser ?

Si la terre touche le mur au-dessus du niveau du plancher intérieur et que la pièce arrière mouille, oui — il n'existe pas de solution intérieure équivalente. Si en revanche la cour est haute mais séparée du mur par un vide ventilé, une descente de cave ou un caniveau existant, la hauteur seule ne suffit pas à conclure. C'est le contact direct entre la terre humide et le mur qui fait le désordre, pas la cote.

Pourquoi mon mur intérieur au milieu de la maison est humide alors qu'il ne touche rien dehors ?

Parce qu'il est maçonné en continuité avec le mur arrière et qu'il conduit l'eau. La tache décroît en s'éloignant du fond : c'est la signature. Traiter ce mur avant de couper l'apport arrière revient à refaire le même travail deux ans plus tard.

Une injection de barrière peut-elle régler les deux murs d'un coup ?

Non. Une barrière agit sur une remontée par capillarité depuis le sol. Elle ne fait rien contre une poussée d'eau latérale venant d'un remblai, ni contre un rejaillissement de trottoir. Dans une maison de bourg où les deux coexistent, elle peut avoir un rôle très circonscrit, sur un seul mur, et seulement après que les apports extérieurs ont été coupés.

Combien de temps attendre entre les travaux extérieurs et la reprise des enduits intérieurs ?

Plusieurs saisons plutôt que plusieurs semaines, pour un mur épais en moellon chargé depuis longtemps. On refait quand les hauteurs de tache relevées ne bougent plus d'un relevé à l'autre pendant une période humide complète, et pas avant.

Le voisin a la même chose : peut-on faire les travaux ensemble ?

Souvent oui, et c'est plus efficace, parce que deux cours mitoyennes rechargées communiquent. Mais chaque décaissement s'arrête à sa limite, et tout ce qui touche un mur partagé ou un écoulement traversant se règle par écrit avant le premier coup de pioche.

À retenir : dans une maison de bourg de Damville, l'humidité n'a presque jamais une cause unique. Le relevé des hauteurs, pièce par pièce, dit laquelle domine — et l'ordre de traitement se lit ensuite tout seul : la terre d'abord, la rue ensuite, le refend en dernier.
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