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Soubassement

Extérieur

Condensats de pompe à chaleur ou de clim rejetés au pied du mur

Une unité extérieure rejette de l'eau, et c'est en hiver qu'elle en rejette le plus. Combien tombe réellement chaque jour, et où cette eau devrait partir.

Groupe extérieur de pompe à chaleur contre une façade, sol détrempé et bas d'enduit taché
L'eau de dégivrage tombe chaque jour au même point : le sol sous l'appareil ne sèche plus.

Sous le groupe extérieur, il y a une zone qui ne sèche plus. La dalle est sombre, le gravier est vert, un filet d'eau part vers le mur et s'arrête là. En hiver, c'est parfois une plaque de glace. Personne ne vous en avait parlé au moment du devis, et vous vous demandez si c'est normal, si c'est beaucoup, et si c'est cette eau-là qui explique la trace apparue au bas de la façade.

La réponse courte : oui, une unité extérieure rejette de l'eau, ce n'est pas une panne, et non, elle ne doit pas la rejeter contre le mur. La réponse longue mérite d'être lue, parce qu'elle contient un contresens que presque tout le monde fait — on croit que ce sont des condensats de climatisation, et c'est presque toujours le contraire.

D'où vient cette eau, et pourquoi surtout en hiver

Une pompe à chaleur en mode chauffage fabrique du givre, puis de l'eau

En chauffage, une pompe à chaleur air-eau ou air-air prend des calories à l'air extérieur. Pour cela, l'échangeur du groupe extérieur doit être plus froid que l'air ambiant. L'humidité de l'air se condense donc sur ses ailettes, exactement comme la buée sur une bouteille sortie du réfrigérateur. Quand la température de l'échangeur passe sous zéro, cette condensation devient du givre, puis une couche qui bouche le passage de l'air.

L'appareil ne peut pas fonctionner ainsi. Il déclenche périodiquement un cycle de dégivrage : il inverse brièvement son fonctionnement, réchauffe l'échangeur, et toute la glace accumulée fond d'un coup. Cette eau tombe dans le bac de fond de machine et s'en va par un orifice ou un raccord d'évacuation. C'est elle que vous voyez sous l'appareil.

Deux conséquences pratiques, et elles sont contre-intuitives : le rejet est maximal en hiver, pas en été ; et il est maximal par temps froid ET humide, autour de la zone de température où l'air contient encore beaucoup de vapeur mais où l'échangeur givre — typiquement les journées grises et brumeuses, plus que les grands froids secs. Un propriétaire qui n'observe la flaque qu'en décembre et janvier n'a pas une installation défaillante ; il a une installation qui travaille.

Une climatisation en mode froid, c'est l'inverse

En rafraîchissement, la machine fonctionne dans l'autre sens : c'est l'unité intérieure qui est froide, et c'est donc à l'intérieur que l'humidité de l'air se condense. Ces condensats-là partent par un tube d'évacuation, souvent traversant le mur ou raccordé aux eaux usées. Le groupe extérieur, lui, est chaud : il ne produit pratiquement rien.

Cela donne une règle de lecture simple. Une flaque sous le groupe extérieur en plein été n'est presque jamais un condensat de production de froid. Elle vient d'ailleurs : d'un tuyau d'évacuation d'unité intérieure qui a été bêtement dirigé vers le pied du mur, d'une fuite d'eau du circuit de chauffage sur une pompe à chaleur air-eau, d'un ballon thermodynamique voisin, ou d'une eau de pluie qui stagne parce que le socle est mal fichu. La saison où la flaque apparaît est votre premier élément de diagnostic — notez-la avant toute autre chose.

Le ballon thermodynamique et le sèche-linge, les cousins qu'on oublie

Un chauffe-eau thermodynamique prend lui aussi des calories à l'air et produit des condensats en continu quand il chauffe. Un sèche-linge à pompe à chaleur, s'il est raccordé à l'évacuation plutôt que vidé par bac, envoie son eau quelque part. Dans les deux cas, ce quelque part se termine trop souvent à l'extérieur, contre la façade, par un tuyau passé au plus court dans le mur. La quantité est plus faible que celle d'un dégivrage de PAC, mais elle est quotidienne et toute l'année, ce qui compte davantage qu'un pic ponctuel.

Combien d'eau, exactement ?

Pourquoi aucun chiffre général ne vous servira

On lit des volumes très différents, et pour cause : la quantité rejetée dépend de la puissance de la machine, de son temps de fonctionnement, de la température et de l'humidité de l'air chez vous, du réglage de la loi d'eau, de la fréquence des dégivrages et de leur durée. Deux maisons voisines équipées du même modèle ne rejettent pas la même chose. Prendre un chiffre lu quelque part pour évaluer ce qui arrive à votre pied de mur ne vous apprendra rien.

Ce qui vous apprend quelque chose, c'est votre propre mesure. Elle est facile.

La mesure que vous pouvez faire chez vous

Choisissez une période froide et humide, celle où vous voyez le plus d'eau. Puis :

  • Placez un récipient sous le point de rejet du groupe, ou raccordez temporairement un morceau de tuyau souple sur la sortie du bac vers un bidon posé plus bas. L'idée est de collecter tout ce qui sort, sans rien laisser filer sur le sol.
  • Notez l'heure de départ. Laissez tourner l'installation normalement, sans changer vos réglages : le but est de mesurer le fonctionnement réel, pas un fonctionnement de démonstration.
  • Relevez le volume au bout de vingt-quatre heures, avec un pichet gradué ou une balance de cuisine — un litre d'eau pèse un kilo, une bassine posée sur un pèse-personne suffit si le volume est important.
  • Recommencez une seconde fois sur une journée de météo différente, plus douce ou plus sèche. Vous obtiendrez ainsi non pas un chiffre, mais un écart entre deux situations, et c'est cet écart qui décrit votre installation.

Vous saurez alors ce que votre machine dépose chaque jour au même endroit. Ce sera votre chiffre, vérifiable, et personne ne pourra vous répondre que « c'est négligeable » sans regarder le bidon.

Ce que la mesure change à la conversation

Un volume mesuré transforme une plainte en constat. Face à un installateur, à un syndic ou à un voisin, « il y a de l'humidité sous le groupe » n'engage à rien ; « la machine dépose tel volume par jour au même point, à cinquante centimètres du mur, mesuré sur deux journées, photos et relevés à l'appui » ouvre une discussion technique. C'est aussi le document à joindre si vous demandez une reprise au titre de la garantie de l'installation.

Ce que ce rejet fait réellement au pied du mur

Un sol rechargé en permanence, toujours au même endroit

La pluie tombe partout et sèche entre deux épisodes. Un rejet de condensats tombe au même point, tous les jours, pendant la saison où rien ne sèche. C'est cette concentration qui compte, bien plus que le volume absolu. Le sol sous l'unité ne repasse jamais par un état sec ; il reste à sa teneur maximale, et l'eau qui continue d'arriver migre latéralement — vers le point le plus bas et le plus perméable, qui est très souvent la tranchée de fondation, remblayée avec un matériau plus meuble que le terrain d'origine.

Le résultat, c'est une alimentation en eau du pied de mur, permanente pendant des mois, au droit de l'appareil. Si vous voyez une tache de façade dont la limite verticale correspond à peu près à la largeur du groupe extérieur, la coïncidence n'en est pas une. La lecture des formes est détaillée dans lire la forme et la limite d'une tache d'humidité.

Le gel, et ce qu'il fait au bas de l'enduit

Un point du soubassement maintenu humide tout l'hiver est un point qui gèle chargé d'eau. L'eau qui gèle augmente de volume dans les pores du mortier et de l'enduit, et le cycle gel-dégel, répété, décolle par plaques. C'est exactement le mécanisme décrit dans pourquoi l'enduit éclate au ras du sol sous l'effet du gel — sauf qu'ici, vous alimentez vous-même la zone en eau, chaque nuit, avec votre chauffage.

Il y a en plus un enjeu de sécurité immédiat : une plaque de verglas se forme devant le groupe, souvent sur un passage. Si l'unité est près d'une porte de service ou d'un cheminement, ce n'est pas un détail.

Les signes qui suivent, dans l'ordre

Sur une façade alimentée ainsi, les manifestations arrivent en général dans cet ordre : un verdissement du soubassement et du sol autour, parce qu'une surface qui ne sèche jamais se couvre d'algues ; des traînées sombres et un enduit qui reste plus foncé que le reste après une journée de soleil ; puis, si le mur est ancien et chargé de sels, des efflorescences blanches au séchage — le sujet est traité pour lui-même dans ce que le dépôt blanc raconte, le salpêtre n'est pas une maladie ; enfin, à l'intérieur, une trace basse sur le mur correspondant et parfois des taches noires dans l'angle de la pièce, comme le décrit ce que disent les traces noires au bas des murs et aux angles.

À quoi ressemble une installation qui ne pose pas ce problème

Le bac et son raccord

Tout groupe extérieur destiné à fonctionner en chauffage possède un bac de fond avec un ou plusieurs orifices de vidange. Sur beaucoup de modèles, un raccord d'évacuation est disponible en accessoire et se visse dans l'un de ces orifices. Il faut alors boucher les autres, faute de quoi l'eau continuera de tomber à côté du raccord. C'est l'oubli le plus banal des poses rapides.

Vérifiez également que le groupe est posé de niveau ou avec une légère inclinaison vers la sortie, et non l'inverse : un bac qui retient l'eau la fait déborder par le point le plus bas du châssis, qui n'est pas forcément l'évacuation prévue.

Où l'eau doit partir

Le principe est simple à énoncer : l'eau doit être conduite loin du mur, vers un exutoire capable de la recevoir en hiver. Ce qui compte, ce n'est pas la longueur du tuyau, c'est la destination.

  • Un raccordement au réseau d'eaux pluviales, quand il existe et qu'il ne se met pas en charge lors des pluies.
  • Un rejet en surface loin du bâtiment, vers un point bas du terrain qui évacue réellement et ne revient pas vers la maison.
  • Un raccordement au réseau d'eaux usées seulement s'il est admis chez vous et réalisé avec un siphon, sans quoi les odeurs remontent. Les règles de raccordement ne se devinent pas : elles se demandent au service assainissement de votre commune ou de l'intercommunalité, qui vous dira ce qui est autorisé sur votre réseau.

Ce qu'il faut éviter est aussi net : ne pas envoyer ces condensats dans un puits d'infiltration proche des fondations, ni dans un drain périphérique dont ce n'est pas la fonction. Un puits perdu qui reçoit en plus une alimentation quotidienne finit par saturer et par rendre l'eau au mur, comme l'explique quand l'eau de pluie revient au mur par un puits perdu.

Le lit de galets sous l'unité, et pourquoi il ne suffit pas

La pose la plus répandue consiste à mettre un lit de gravier ou de galets sous le groupe, pour que l'eau s'infiltre sans faire de flaque visible. Cela résout l'apparence, pas le problème : l'eau s'infiltre au pied du mur, c'est-à-dire exactement là où l'on ne veut pas qu'elle aille. Le lit drainant n'est acceptable que si le groupe est réellement éloigné du bâtiment, sur un terrain qui évacue, et si le volume reste faible.

La distance au mur, la hauteur, les supports

Un groupe posé sur consoles murales rejette son eau contre la façade par construction : il faut alors une gouttière de reprise ou un raccord d'évacuation, sinon toute l'eau descend le long du mur. Un groupe posé au sol sur plots peut être écarté du mur, et c'est préférable — cela facilite aussi son entretien et sa ventilation. La distance minimale de dégagement pour le bon fonctionnement de l'appareil figure dans la notice d'installation du fabricant : demandez-la à l'installateur ou téléchargez-la avec la référence du modèle, plutôt que de vous fier à une valeur générale.

Vérifier chez vous, dans l'ordre

  • 1. Identifiez la saison de la flaque. Hiver : dégivrage, comportement normal mal évacué. Été : cherchez ailleurs, c'est probablement une évacuation d'unité intérieure ou une fuite.
  • 2. Regardez sous le groupe, machine à l'arrêt. Y a-t-il un raccord d'évacuation ? Les autres orifices sont-ils bouchés ? Le châssis est-il de niveau ?
  • 3. Suivez le tuyau s'il existe. Beaucoup de tuyaux d'évacuation se terminent à trente centimètres du mur, c'est-à-dire nulle part. D'autres sont pincés, remontants, ou débouchent dans un gravier saturé.
  • 4. Faites la mesure sur vingt-quatre heures décrite plus haut, en période froide.
  • 5. Regardez le mur au-dessus et à côté : largeur de la zone sombre, correspondance avec la largeur du groupe, comparaison avec un pan de mur identique loin de l'appareil. Cette comparaison entre deux points du même mur vaut mieux que n'importe quelle mesure isolée.
  • 6. Regardez à l'intérieur, au droit exact du groupe, plinthes et angles.

Ces gestes s'inscrivent dans la démarche générale décrite dans les premiers gestes avant d'appeler quelqu'un pour un mur humide.

Les reprises possibles

  • Le raccord d'évacuation d'origine, quand il existe pour votre modèle : c'est la reprise la plus simple et la plus durable. Elle se demande à l'installateur en citant la référence du groupe.
  • Une gouttière de reprise sous consoles murales, qui collecte et conduit ailleurs.
  • Un prolongement du tuyau jusqu'à un exutoire nommé, avec une pente continue. Un tuyau qui remonte ne s'écoule pas ; un tuyau en accordéon retient l'eau et gèle.
  • Le déplacement du groupe, quand rien d'autre n'est possible et que le mur est déjà atteint. C'est un chantier, mais c'est parfois moins coûteux que la réfection répétée d'un soubassement.
  • La reprise du sol autour, seulement après : forme de pente qui éloigne, matériau qui ne retient pas, comme pour le trottoir périphérique de la maison, largeur, pente et matériau.

Attention à l'ordre : reprendre le sol sans traiter le rejet ne fait que déplacer la flaque de quelques dizaines de centimètres.

Ce qu'on demande à l'installateur, en une phrase

« Où va l'eau de dégivrage de ce groupe, et par quel dispositif ? » Cette question, posée avant la pose sur un devis, ou après coup sur une installation existante, évite presque tout ce qui est décrit ici. Faites porter la réponse par écrit : mention du raccord d'évacuation, du cheminement et de l'exutoire nommé. Un devis qui dit seulement « pose du groupe extérieur sur plots » ne dit rien de l'eau.

Si l'installation est récente et que le rejet se fait contre le mur sans dispositif, vous êtes fondé à demander une reprise. Retrouvez la date de mise en service, le nom de l'entreprise, la référence du matériel et la facture : ce sont les quatre éléments que l'on vous demandera. Et joignez votre mesure de vingt-quatre heures.

Questions fréquentes

Mon groupe extérieur perd de l'eau en hiver, est-il en panne ?

Non, c'est son fonctionnement normal. En chauffage, l'échangeur extérieur givre et l'appareil déclenche des cycles de dégivrage qui font fondre cette glace. L'eau doit sortir du bac de fond de machine. Ce qui n'est pas normal, c'est qu'elle tombe et s'accumule au pied du mur au lieu d'être conduite vers un exutoire. La panne, s'il y en a une, se signale autrement : bloc de glace permanent qui ne fond pas, ventilateur bloqué, chauffage insuffisant.

Est-ce que cette eau peut vraiment mouiller mon mur ?

Ce n'est pas le volume ponctuel qui est en cause, c'est la répétition au même endroit pendant la saison où rien ne sèche. Un sol qui reçoit un apport quotidien reste saturé et l'eau chemine vers le remblai de fondation, plus perméable que le terrain naturel. Le signe qui rapproche les deux, c'est la géographie : une zone sombre du soubassement dont la largeur correspond à celle du groupe, alors que le même mur, dix mètres plus loin, est sec.

Combien de litres par jour dois-je m'attendre à voir ?

Aucun chiffre général ne vaut pour votre cas : cela dépend de la puissance, du temps de fonctionnement, de l'humidité et de la température de l'air, du nombre et de la durée des dégivrages. Mesurez plutôt : placez un bidon sous la sortie pendant vingt-quatre heures en période froide et humide, relevez le volume, recommencez un jour plus doux. Vous aurez deux valeurs réelles et leur écart, ce qui est autrement plus utile qu'une moyenne trouvée en ligne.

Puis-je raccorder l'évacuation à ma gouttière ou à mon drain ?

À la gouttière, oui si elle descend vers un exutoire qui reste fonctionnel en hiver, et à condition que le raccordement ne provoque pas de refoulement lors des fortes pluies. Au drain périphérique, non : un drain est fait pour rabattre l'eau du sol autour des fondations, pas pour recevoir une alimentation permanente supplémentaire, et le charger ainsi réduit ce qu'il peut faire pour le mur. Le rôle et les limites du drain sont expliqués dans l'article consacré au drainage périphérique et aux cas où il ne change rien : drainage périphérique, quand il se justifie.

J'ai une flaque sous le groupe en plein été, d'où vient-elle ?

En rafraîchissement, les condensats se forment sur l'unité intérieure, pas sur le groupe extérieur. Une flaque estivale vient donc plutôt du tuyau d'évacuation de l'unité intérieure qui a été dirigé vers le pied du mur, d'un chauffe-eau thermodynamique voisin, d'une fuite du circuit hydraulique sur une pompe à chaleur air-eau, ou d'eau de pluie retenue par un socle mal formé. Suivez le tuyau, et regardez si l'eau apparaît quand la climatisation tourne ou indépendamment d'elle.

Le poseur me dit qu'un lit de galets suffit, a-t-il raison ?

Un lit de galets fait disparaître la flaque, pas l'eau. Elle s'infiltre là où elle tombe, c'est-à-dire au pied du mur si le groupe y est adossé. Ce dispositif n'est acceptable que si l'appareil est nettement écarté du bâtiment et si le terrain évacue réellement. Dans les autres cas, demandez un raccord d'évacuation d'origine et un exutoire nommé sur le devis.

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