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Soubassement

Traitements

Boîtiers d'assèchement électromagnétique : ce qu'ils font au mur

Un boîtier d'assèchement électromagnétique assèche-t-il un mur ? Ce qui se passe vraiment dans la maçonnerie, et les six questions à poser avant de signer.

Petit boîtier électronique fixé en haut d'un mur ancien dont le bas reste marqué par une large frange humide et des efflorescences blanches
Le boîtier est posé en haut du mur, loin de la zone humide : aucun contact conducteur avec la maçonnerie ne relie l'appareil au matériau qu'il prétend assécher.

Un boîtier d'assèchement électromagnétique ne retire pas l'eau d'un mur comme une pompe retire l'eau d'une cave. C'est la réponse courte, et elle mérite d'être posée d'emblée : l'appareil, quel que soit le nom commercial sous lequel il se vend — inversion de polarité, électro-osmose sans fil, géomagnétisme, ondes basse fréquence —, est une petite boîte alimentée sur une prise de courant, fixée sur un mur, et qui n'a aucun contact conducteur avec la maçonnerie. Ce qu'il modifie de façon vérifiable, c'est la consommation électrique de la maison. Ce qu'il prétend modifier, c'est le comportement de l'eau dans les capillaires du mur.

La question honnête n'est donc pas de savoir si l'appareil « marche » — mot trop vague pour décider quoi que ce soit — mais de savoir ce qu'on mesure avant, ce qu'on mesurera après, et qui porte la charge de la preuve. C'est la seule partie du dossier sur laquelle un propriétaire a la main. Suivent donc : ce qui se passe physiquement dans un mur capillaire, pourquoi le mur semble souvent s'améliorer les premiers mois quelle que soit la cause, et les six questions à poser avant de signer.

Ce que le boîtier prétend faire, et sous quels noms il se vend

Le discours de vente est presque toujours le même. L'eau monte dans le mur parce qu'elle est « polarisée » d'une certaine façon ; l'appareil émet un champ qui inverse cette polarisation ; l'eau redescend ; le mur sèche en quelques mois. L'argument massue est la non-invasivité : pas de perçage, pas de produit, pas de poussière. Face à un chantier d'injection qui perce le mur tous les dix ou quinze centimètres, la comparaison est flatteuse.

Les termes employés varient et ne recouvrent pas la même chose. Il faut les distinguer, parce que l'un d'eux renvoie à un phénomène physique réel, et que la vente s'appuie précisément sur cette confusion.

Inversion de polarité, électro-osmose sans fil, géomagnétisme

L'électro-osmose classique, dite filaire ou active, est un phénomène de laboratoire documenté : dans un milieu poreux saturé, si l'on établit une différence de potentiel continue entre deux électrodes en contact avec le matériau, l'eau contenue dans les pores se déplace vers l'une des électrodes. Le mécanisme tient à la couche électrique qui se forme à l'interface entre la paroi du pore et l'eau. Il suppose trois conditions : des électrodes réellement en contact avec la maçonnerie, un circuit fermé où un courant circule, et un milieu suffisamment saturé et conducteur.

Le boîtier sans fil revendique le même effet sans aucune de ces trois conditions. Pas d'électrode plantée dans le mur, pas de circuit, pas de courant qui traverse la maçonnerie. Le champ est censé agir à distance, à travers les murs, souvent sur un rayon annoncé de plusieurs mètres et sur plusieurs niveaux.

Le géomagnétisme et les formulations voisines ne décrivent aucun mécanisme précis : elles invoquent une perturbation du champ terrestre que l'appareil corrigerait. Un énoncé qui ne dit pas ce qu'il fait n'est ni vrai ni faux, il est invérifiable — et c'est déjà une information.

Un point de méthode, ici, vaut mieux qu'un procès d'intention : plus un dispositif est présenté comme agissant à distance, à travers les matériaux, sans contact et sans réglage, moins il existe de grandeur physique que vous puissiez faire mesurer par un tiers. Un chantier d'injection, on peut le compter en trous, en litres et en analyses. Un champ invisible, non.

Ce qui se passe réellement dans un mur qui remonte l'eau

Un mur ancien maçonné à la chaux, monté sur des fondations sans coupure étanche, est un réseau de pores de tailles très différentes. L'eau du sol y monte parce que la tension superficielle de l'eau dans un pore étroit crée une dépression qui la tire vers le haut. Plus le pore est fin, plus la hauteur théorique atteinte est grande, et plus le débit est lent. Le mur se stabilise à une hauteur d'équilibre : celle où l'eau qui monte est exactement compensée par l'eau qui s'évapore en surface.

Cette hauteur d'équilibre est la clé de tout. Elle ne dépend pas que de l'eau du sol. Elle dépend aussi, et beaucoup, de la capacité du mur à évaporer. Bouchez l'évaporation avec un enduit ciment, un revêtement plastique ou un doublage collé, et la frange monte. Rendez l'évaporation plus facile, et elle descend. C'est pourquoi un enduit étanche appliqué en soubassement aggrave presque toujours la situation : il ne bloque pas l'entrée d'eau, il ferme la sortie.

L'électro-osmose filaire : le principe dont le boîtier tire son nom

Même en version filaire, avec électrodes et courant, l'électro-osmose appliquée au bâtiment se heurte à des limites connues : corrosion des électrodes, dérive des réglages, effets très dépendants du matériau et de la salinité de l'eau, résultats difficiles à reproduire d'un mur à l'autre. Ce n'est pas un procédé fantaisiste, c'est un procédé délicat, qui exige suivi et maintenance. Le boîtier sans fil en emprunte le vocabulaire tout en supprimant exactement ce qui le rendait exigeant.

Ce qu'il faudrait mesurer pour prouver un effet

Un effet réel, s'il existait, se traduirait par une baisse de la teneur en eau du matériau lui-même, pas de sa surface. Cela se mesure : on prélève de la poudre de forage à différentes profondeurs, on la pèse humide, on la sèche à l'étuve, on la repèse, et le rapport donne l'humidité pondérale. C'est destructif, c'est lent, cela coûte, et c'est la seule mesure qu'on ne peut pas faire dire ce qu'on veut. Tout le reste — les appareils à pointes, les lecteurs capacitifs promenés sur le plâtre — donne des indications relatives que les sels, les métaux et l'humidité de surface perturbent. C'est développé en détail dans l'article sur ce que l'appareil dit vraiment quand on mesure l'humidité d'un mur.

Retenez-en la conséquence commerciale : un vendeur qui applique un appareil à pointes sur un doublage plâtre chargé de sels, montre un chiffre alarmant, puis revient six mois plus tard mesurer au même endroit, dispose d'un instrument qui peut afficher à peu près ce qu'il faut, dans un sens comme dans l'autre.

Pourquoi le mur paraît parfois s'assécher les premiers mois

C'est le point qui mérite le plus d'attention, parce qu'il explique la sincérité de beaucoup de retours positifs. Un mur peut s'améliorer visiblement dans les mois qui suivent la pose d'un boîtier, sans que l'appareil y soit pour quoi que ce soit. Trois mécanismes s'additionnent.

La saison fait plus que l'appareil

La hauteur de frange humide d'un mur ancien varie au fil de l'année. Elle est haute à la fin de l'hiver, quand la nappe est haute, quand le mur reçoit peu de soleil, quand l'air extérieur est saturé et n'emporte rien. Elle redescend au printemps et en été, quand l'évaporation reprend. Un boîtier posé en février sur un mur à son maximum saisonnier sera crédité, en juin, d'une amélioration qui serait arrivée de toute façon.

Les dépôts blancs suivent le même calendrier, pour une autre raison : les sels du mur absorbent l'humidité de l'air quand elle est élevée et la relâchent quand elle baisse, ce qui fait apparaître et disparaître les taches sans que la quantité d'eau du mur bouge beaucoup. Les sels du mur ont ainsi leur propre calendrier, décalé de celui de l'eau liquide.

La conséquence pratique est simple, et elle vaut pour tout traitement, pas seulement pour un boîtier : une comparaison qui ne porte pas sur la même date d'une année sur l'autre ne prouve rien. Février contre juin, ce n'est pas un résultat, c'est un changement de saison.

Le chantier qu'on a fait en même temps

Dans un dossier sur deux, la pose du boîtier s'accompagne d'autre chose. On a dégagé la terre accumulée contre le mur. On a rallongé une descente d'eau pluviale qui crachait au pied. On a débouché un regard. On a déposé un doublage moisi et laissé le mur nu quelques mois. On a repris à ventiler la cave, ou au contraire on l'a fermée. Chacun de ces gestes agit sur la quantité d'eau qui arrive au mur ou sur sa capacité à l'évacuer — et l'effet est souvent bien supérieur à ce que promettait l'appareil.

C'est aussi pour cela que le pied de mur doit être examiné avant toute décision : le tour du bâtiment coûte une heure et change souvent le diagnostic. Si ces points ont été corrigés le même mois que la pose du boîtier, plus personne ne saura attribuer l'amélioration à l'un ou à l'autre.

Troisième mécanisme, moins technique mais réel : après une dépense, on regarde son mur autrement. On chauffe un peu plus la pièce, on ouvre la fenêtre le matin, on ne repousse plus le meuble contre la cloison. L'occupant change, et le mur avec.

Les six questions à poser avant de signer

Ces six questions ne visent pas à piéger un vendeur. Elles visent à transformer une promesse orale en obligation écrite. Un interlocuteur qui répond aux six par écrit vous laisse un dossier utilisable ; un interlocuteur qui esquive vous a déjà répondu.

  • Qui a mesuré avant, comment, et où ? Exigez le relevé initial annexé au devis : méthode employée, points de mesure repérés au plan et en photo, hauteur exacte au-dessus du sol, profondeur des prélèvements, date, conditions météo des jours précédents. Un relevé sans ces éléments n'est pas comparable à quoi que ce soit.
  • Qui mesurera après, et avec quoi ? Si c'est le vendeur, avec son appareil, sans témoin, le contrôle n'en est pas un. Demandez que le contrôle final soit fait selon la même méthode, aux mêmes points repérés, et acceptez l'idée de faire intervenir un tiers qui ne vend rien.
  • Sur quel indicateur porte l'engagement, et à quelle échéance ? « Assèchement du mur » ne veut rien dire juridiquement. « Humidité pondérale mesurée par prélèvement aux points A, B et C, sous tel seuil, à telle date » veut dire quelque chose.
  • Que se passe-t-il si le chiffre ne bouge pas ? La seule réponse qui vous protège est écrite dans le contrat : remboursement intégral, dépose de l'appareil, et sous quel délai. Une promesse de « travaux complémentaires » sans prix plafonné n'est pas une garantie, c'est une porte d'entrée pour un second devis.
  • Quelle origine d'humidité a été retenue, et par qui ? Si le diagnostic a été établi par celui qui vend l'appareil, vous n'avez pas un diagnostic, vous avez une proposition commerciale. Ce qu'un vrai diagnostic d'humidité contient, et ce qu'il ne contient pas donne la liste de ce qui doit y figurer.
  • Que couvre exactement l'assurance de l'entreprise ? Demandez l'attestation en cours de validité et lisez l'activité déclarée. Un contrat d'assurance ne couvre que les activités qui y sont écrites. Vérifiez aussi la forme juridique, l'ancienneté et l'immatriculation : une société créée récemment qui vend un engagement à cinq ou dix ans engage une durée qu'elle n'a pas encore vécue.
Une septième question, plus brutale, résume souvent les six autres : « Acceptez-vous que le paiement du solde soit conditionné au résultat mesuré à telle date ? » La réponse à celle-là est très informative.

Comment se construit le prix, et ce qui doit figurer au devis

Aucun montant n'a de sens ici hors contexte, et un chiffre lu sur internet ne vous servira pas à négocier. Ce qui vous sert, c'est de savoir de quoi le prix est fait, parce que c'est cela qui rend deux propositions comparables.

Un devis de boîtier comporte typiquement : le matériel lui-même ; la pose, souvent brève ; une prestation de diagnostic et de mesures, parfois offerte, ce qui signifie qu'elle est intégrée ailleurs ; un suivi ou des visites de contrôle sur plusieurs années ; parfois un abonnement ou un contrat d'entretien annuel ; et, très fréquemment, des travaux annexes vendus dans le même dossier — traitement de surface, enduit, assainissement, ventilation.

Ce qui fait varier le total, ce n'est presque jamais le mur : c'est le périmètre du contrat. Un même appareil peut être vendu seul ou au centre d'un ensemble de prestations. Trois points à contrôler ligne par ligne :

  • Le prix du matériel est-il isolé du reste ? S'il ne l'est pas, vous ne pouvez comparer aucune offre à aucune autre.
  • La durée de l'engagement est-elle facturée ? Un suivi de dix ans a un coût ; s'il est annoncé gratuit, il est payé dans le prix de la boîte, et il disparaît avec la société.
  • Les travaux annexes sont-ils conditionnés à l'appareil ? Une reprise de descente d'eau pluviale ou une ventilation de vide sanitaire se chiffrent seules, auprès de n'importe quelle entreprise, et se comparent. Groupées dans un forfait unique, elles ne se comparent plus.

Enfin, un réflexe vaut pour toute vente conclue à domicile : vérifier la présence du bordereau de rétractation et le délai qui y figure. Un dossier signé le soir d'une visite gratuite se défait sans motif dans ce délai, et plus du tout ensuite.

Objectiver soi-même : le relevé que personne ne peut contester

Vous n'avez pas besoin d'un laboratoire pour constituer une preuve exploitable. Vous avez besoin de constance. Le principe : toujours le même point, toujours la même méthode, toujours la même date.

Le relevé de front humide, au crayon

Voici un protocole qui ne coûte rien et qui tient dans un carnet.

  • Choisissez trois ou quatre points fixes sur les murs concernés, à des endroits que rien ne viendra masquer. Repérez-les au crayon par une petite croix et une lettre. Notez leur hauteur au-dessus du sol fini.
  • Tracez au crayon, d'un trait fin, la limite haute de la zone humide visible, et datez le trait à côté. C'est la mesure la plus simple et la plus parlante qui existe : au bout d'un an, le mur porte lui-même son historique.
  • Photographiez chaque point de la même distance, avec un mètre ruban déplié posé au sol dans le cadre, en lumière naturelle. Le mètre rend les photos comparables ; sans lui, deux clichés à deux mois d'écart ne prouvent rien.
  • Notez, à chaque relevé : la date, la température et l'humidité relative de la pièce, la météo des trois jours précédents, et ce que vous avez fait dans la pièce (chauffage, fenêtre ouverte, meuble déplacé).
  • Relevez à intervalle fixe — une fois par mois convient — et comparez toujours un mois au même mois de l'année précédente.

Ce carnet a trois vertus : il dit ce qui se passe réellement, il protège d'une amélioration saisonnière prise pour un résultat, et il constitue, en cas de litige, une trace datée que personne n'a pu orienter. Un simple thermo-hygromètre laissé dans la pièce suffit aux deux chiffres d'ambiance.

Un mot sur les délais. Un mur épais qui a mis des années à se charger ne se décharge pas en un trimestre, quel que soit le procédé employé, y compris efficace. C'est vrai pour une barrière chimique comme pour n'importe quelle autre intervention : le temps qu'un mur met à sécher se compte en mois par centimètre d'épaisseur, pas en semaines. Ce délai long est aussi ce qui rend l'évaluation difficile : à la date où le résultat devrait être jugé, l'entreprise peut être loin, et le délai pour agir peut être écoulé.

Si un boîtier est déjà posé chez vous

Le cas est fréquent, y compris chez des acheteurs qui découvrent l'appareil en emménageant. Quelques gestes utiles, dans l'ordre.

D'abord, ne le déposez pas immédiatement si un contrat court : vous risqueriez de fournir l'argument qui fera tomber l'engagement. Photographiez-le en place, relevez la référence, vérifiez qu'il est effectivement alimenté.

Ensuite, retrouvez le dossier : devis, bon de commande, conditions générales, relevé initial, courriers. Lisez ce qui y est écrit sur le résultat promis et sur le délai pour le contester. Ce document, et lui seul, détermine ce que vous pouvez demander.

Puis commencez le carnet décrit plus haut, même tardivement. Un an de relevés réguliers vaut mieux qu'un souvenir.

Enfin, traitez le mur pour ce qu'il est, indépendamment de l'appareil. Si le pied est enterré, dégagez-le. Si un enduit ciment ferme le bas du mur, la question de sa dépose se pose. Si un doublage colle contre une maçonnerie humide, il aggrave. Ces actions ont un effet mesurable, et elles ne dépendent d'aucun contrat.

Trois cas de figure, trois décisions

Tout le débat sur les boîtiers se ramène en pratique à savoir dans quelle situation vous êtes. Il n'y en a que trois.

Premier cas : l'humidité n'est pas capillaire. C'est la situation la plus fréquente, et de loin. Condensation, infiltration par le haut, éclaboussures, fuite de réseau, terre montée contre le mur : dans tous ces cas, aucun dispositif agissant sur la remontée d'eau du sol ne peut rien, puisqu'il n'y a pas de remontée. Avant toute chose, il faut trancher, et cela se fait sans matériel dans la plupart des cas — c'est l'objet de l'article sur les quatre origines de l'humidité et comment les distinguer.

Deuxième cas : la remontée capillaire est réelle, mais elle est entretenue par une cause extérieure. Un sol qui a monté, une terrasse coulée contre le mur, une évacuation qui rejette au pied, un enduit qui empêche le mur de sécher. Ici, la cause se traite, et le traitement se voit. Dépenser d'abord dans un appareil revient à payer pour ne pas toucher au vrai problème.

Troisième cas : la remontée est avérée et rien d'extérieur ne l'explique. C'est le seul cas où la question d'une coupure de capillarité se pose sérieusement, avec ses limites, son coût et ses conditions de réussite. Le sujet est traité en propre dans l'article sur l'injection de barrière chimique, quand elle se justifie et quand elle est vendue pour rien, qui décrit aussi les situations où elle ne tient pas ses promesses. Même là, ne rien faire de lourd reste parfois la décision la plus raisonnable : rétablir l'évaporation, ventiler, poser un enduit d'assainissement et vivre avec une frange basse est un choix légitime, réversible, et bien moins engageant qu'un contrat.

Un dernier repère, valable pour tous les procédés d'assèchement : un traitement qui agit sur le mur se vérifie dans le mur. Tout ce qui ne peut se vérifier que par la parole de celui qui l'a vendu doit être payé comme on paie une opinion, c'est-à-dire pas cher, et jamais d'avance.

Questions fréquentes

Un boîtier anti-humidité est-il une arnaque ?

Ce n'est pas la bonne formulation, et elle n'aide pas à décider. La bonne question est : l'appareil repose-t-il sur un mécanisme dont un effet peut être mesuré par quelqu'un qui ne le vend pas, et le contrat prévoit-il ce que devient votre argent si ce chiffre ne bouge pas ? Un dispositif dont l'effet ne se manifeste que dans le discours du vendeur ne doit pas être payé d'avance, quel qu'il soit. Et un dispositif vendu avec un engagement chiffré, contrôlable par un tiers, remboursable en cas d'échec, se juge sur ce contrat plutôt que sur son principe.

Faut-il déposer un boîtier déjà installé ?

Pas dans la précipitation. Si un contrat court encore, la dépose peut vous priver de tout recours. Commencez par retrouver le dossier et lire l'engagement, photographiez l'appareil en place, puis démarrez un relevé mensuel daté. En parallèle, occupez-vous de ce qui agit sûrement : le pied de mur dégagé, les eaux pluviales rejetées loin, l'évaporation rétablie, la pièce ventilée.

Combien de temps faut-il attendre avant de juger un traitement d'assèchement ?

Assez longtemps pour dépasser une saison, et pas plus longtemps que le délai pendant lequel vous pouvez encore agir contre l'entreprise. Ces deux durées ne coïncident pas toujours, et c'est précisément pour cela que la date de contrôle doit être écrite dans le contrat au moment de la signature. Un mur épais se décharge lentement ; toute comparaison faite à moins d'un an d'intervalle, à une autre saison, ne prouve rien.

Comment savoir si mon mur remonte vraiment l'eau du sol ?

Trois indices convergents : une frange humide qui part du sol et s'arrête à une hauteur régulière, des dépôts de sels à la limite haute de cette frange, et une variation saisonnière lente plutôt qu'un épisode lié à la pluie ou à la douche du matin. Ils se recoupent avec un examen du pied de mur et, si le doute persiste, avec des prélèvements en profondeur. Une mesure prise sur un doublage ou sur du plâtre ne tranche rien.

Un vendeur me montre un appareil qui affiche un taux alarmant : que vaut ce chiffre ?

Il vaut ce que vaut la méthode. Les lecteurs de surface, à pointes ou capacitifs, réagissent à l'eau, mais aussi aux sels, aux métaux, aux colles et à l'humidité superficielle. Sur un mur salpêtré ou un doublage, ils peuvent afficher un maximum sans que le matériau soit gorgé d'eau. Demandez ce que mesure exactement l'appareil, à quelle profondeur, et sur quelle échelle. Puis demandez le même relevé sur un mur intérieur sain de la même maison : l'écart est plus instructif que le chiffre.

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